Contrairement à son surnom, Bordeaux se développe et s’organise. Eldorado touristique et lieu de vie plébiscité par ses habitants, la ville attire également de nouveaux entrepreneurs français et étrangers, et par là même se transforme tout comme sa région et l’activité des avocats qui y exercent.

Bordeaux Métropole (anciennement Communauté urbaine de Bordeaux ou CUB) couvre un territoire de 28 communes et concentre une population de 800 000 habitants, faisant d’elle la neuvième ville de France. L’agglomération bénéficie depuis plusieurs années d’une très grande attractivité sur les plans national et international. Élue "Ville la plus tendance au monde" par le Lonely Planet en 2017, elle a dû s’adapter à sa nouvelle notoriété.

Ubisoft, Deezer, Betclic ou Black Market

La région bordelaise est en pleine croissance. Forte de sa proximité avec l’océan et de son rattachement à la capitale grâce à la construction de la LGV, la Belle Endormie devient un nouveau pôle du commerce et du tourisme en France. De très nombreux Franciliens ont d’ailleurs fait le choix de rejoindre la ville et ses alentours, attirés par son dynamisme et sa qualité de vie. En 2017, ils représentaient à eux seuls 12 % des acquéreurs de biens immobiliers en Gironde.

"Les cabinets de petite taille sont privilégiés par les avocats bordelais"

L’économie régionale semble avoir profité de ce mouvement. Entre innovation et parachèvement de ses traditions, Bordeaux développe des activités variées et lucratives. L’agriculture et la viticulture occupent 4 % de la production du plus vaste département de France métropolitaine, grâce à de nombreux vignobles renommés. De même, l’industrie occupe 9 % des activités économiques locales, du fait notamment de la construction aéronautique et spatiale des groupes Dassault Aviation et Thalès. Mais Bordeaux tente également de ramener à elle de nouvelles entreprises, et le défi semble réussi. Le secteur tertiaire marchand occupe presque 50 % de la productivité totale du territoire, et se trouve renforcé par une augmentation rapide du nombre de commerces, 8  000 créés ou délocalisés dans la ville entre 2018 et 2019. Des sociétés telles qu’Ubisoft, Deezer, Betclic ou Black Market y ont ouvert des bureaux au cours des dernières années, bien que le tissu économique local reste majoritairement composé de TPE et PME.

La région peut également compter sur une présence étrangère pour se développer. En 2019, elle concentrait 6 % des investissements étrangers réalisés sur le territoire français (soit une hausse de 10 % par rapport à 2018), et 2 781 emplois dépendent maintenant d’entreprises étrangères. Ces nouveaux acteurs, français ou étrangers, dynamisent la Nouvelle-Aquitaine, et font croître la demande en services juridiques.

Des néo-cabinets

Cinquième barreau de France, Bordeaux se démarque également par la concentration d’avocats sur son territoire : 109,7 avocats pour 100 000 habitants (contre 60 avocats pour 100 000 habitants sur le territoire, hors région parisienne). Composé à 60 % de femmes et d’une moyenne d’âge de 43 ans, ce barreau a vu sa composition peu évoluer ces dernières années. Mais le développement de la ville a été conséquent pour l’activité juridique locale. Entre 2009 et 2019, les avocats bordelais ont connu une croissance de leurs effectifs de 56,1 %, un chiffre parmi les plus élevés en France. À l’heure actuelle, il y a 1 650 inscrits au barreau de Bordeaux.

Les principaux modes d’exercice de la profession se répartissent de façon presque équitable. En 2019, 584 avocats pratiquaient à titre individuel, 510 en qualité de collaborateurs, 459 en qualité d’associés. Moins de 100 salariés s’ajoutent à ces effectifs en raison de la présence de Fidal et des cabinets d’avocats affiliés aux Big4, qui embauchent des avocats en CDD. Les structures de petite taille sont privilégiées par les avocats bordelais.

Les spécialisations les plus représentées restent encore traditionnelles, les cinq principales étant le droit du travail, le droit fiscal et douanier, le droit de la sécurité sociale et de la protection sociale, le droit des sociétés et le droit immobilier. Mais le secteur juridique bordelais se diversifie, suivant le mouvement d’installation d’entreprises technologiques, aux savoir-faire et aux besoins pointus. En lien avec ces activités, les cabinets d’avocats installés étendent leur gamme de compétences et de nouvelles structures se créent souvent en choisissant un nom original pour fonder une marque. Ils s’appellent Ixis Avocats, Hope Avocats, WeRise, Siléas, Canopia, Etic ou encore Avity. Certains de ces "néo-­cabinets", tels que Idjuris, Lexco ou Axeo, proposent des services dans les domaines du big data, de la protection des données ou encore du droit des nouvelles technologies et contribuent à offrir une image résolument moderne de la profession.

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Louise Tydgadt

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