La candidate LR à la présidentielle l’affirme dans Décideurs Magazine : son projet est bel et bien distinct de celui d’Emmanuel Macron. Elle revient sur un programme qu’elle assume de droite et au service des classes moyennes.

Décideurs. De nombreux électeurs hésitent entre Emmanuel Macron et Valérie Pécresse. Quels seraient les arguments à avancer pour les faire choisir LR ?

Valérie Pécresse. Emmanuel Macron et moi n’avons rien à voir ! J’ai un programme de droite puissant, de réformes. Je propose des quotas migratoires pour stopper l’immigration, et lui non. Je propose des peines planchers pour les multirécidivistes et un an minimum de prison ferme pour ceux qui s’attaquent à nos forces de l’ordre et aux élus de la République, lui non. Je propose une augmentation de salaires de 10 % et aucune retraite inférieure au Smic pour les Français qui ont travaillé toute leur vie, lui non. Je propose de réformer l’État, l’assurance chômage et j’ai dans mon projet deux fois plus de baisses d’impôts que lui. Je mets une règle d’or budgétaire pour réduire les déficits et la dette. Sur tous les défis majeurs, il est dans le déni.

La campagne entre dans sa dernière ligne droite, comment la jugez-vous ?

Cette campagne manque de débats, qui sont pourtant nécessaires car les Français ont des questions importantes à trancher : comment refaire nation ? Comment retrouver notre puissance ? Je fais campagne sur le terrain, auprès des Français, et je me plie à tous les débats, alors qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen se dérobent.

"Je me plie à tous les débats alors qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen se dérobent"

LR accuse Emmanuel Macron d’avoir "cramé la caisse". Comment auriez-vous géré le budget ?

Était-il possible de faire face à la conjoncture sans creuser les déficits ? Je l’aurais fait avec discernement car, lors de la crise Covid, le pays entier a été mis à l’arrêt alors que territorialiser les réponses aurait permis des mesures de soutien plus adaptées et ciblées. Il faut dire la vérité aux Français : il n’y a pas d’argent magique. Face au mur de la dette et face à notre médaille d’or mondiale des impôts, il faudra faire des réformes courageuses et dire la vérité aux Français. Il faut avoir en tête que la dette, ce sont les impôts de demain ! D’ailleurs Emmanuel Macron cache les comptes car il n’a pas transmis son programme budgétaire à Bruxelles. Moi, je maîtriserai la dette et les impôts. Dans mon programme, il y a deux fois plus d’économies que de dépenses. Avec l’objectif de reconstruire nos services publics, notamment la santé, la justice et l’école pour mieux servir les Français.

Une élection se gagne grâce à la classe moyenne. Quelles seraient les mesures phares en leur faveur ?

Je propose une augmentation de salaire de 10 % et aucune retraite inférieure au Smic. Je plaide aussi pour une vraie politique familiale. Il faut qu’on puisse avoir un vrai service de la petite enfance. Emmanuel Macron avait promis 30 000 places de crèche, elles n’ont pas été créées. Je souhaite mettre la focale sur une politique familiale active. Dans mon projet, il y a des allocations familiales dès le premier enfant. J’ai aussi une mesure très importante, qui est la défiscalisation des pensions alimentaires des mamans seules.

Partagez-vous le constat que le pays est à droite ? Quand s’est faite cette bascule ?

Je l’ai dit le jour où Les Républicains m’ont désignée pour mener cette campagne : la droite est de retour ! Une droite forte, qui tient toute sa place et qui répond en effet à une grande attente des Français, celle d’un électrochoc d’autorité, mais aussi d’une plus grande liberté économique. Parce que les valeurs de la droite sont des valeurs d’autorité, de réforme, de courage, et ce sont ces valeurs qui nous permettront de redresser le pays, de le réparer. Mon projet est un projet fort, gaulliste, libéral et social, et qui reprend toutes les réformes que la droite voulait faire. J’ai la conviction que les solutions de la droite sont les bonnes pour les Français, et qu’ils veulent enfin en finir avec les dix années d’inaction successive de François Hollande et d’Emmanuel Macron.

"Le "en même temps", ça mène à l'immobilisme"

 Le "ni-ni" ou "en même temps" est-il un épisode de l’Histoire ? Sera-t-il amené à durer ?

À nouveau, il faut dire la vérité aux Français : le "en même temps", particulièrement en matière de régalien, ça ne fonctionne pas. On ne peut pas dire à ses interlocuteurs ce qu’ils ont envie d’entendre, quitte à se contredire en permanence. Comment faire confiance à un candidat qui est contre le nucléaire un jour et qui, le lendemain, est pour. Qui veut plus de sécurité et qui, le lendemain, assure qu’il y a des violences policières. Qu’est-ce qui nous garantit qu’il fera ce qu’il n’a pas fait depuis cinq ans ? Quelle confiance peut-on lui faire ? Le "en même temps" mène à l’immobilisme, et j’ai la conviction que nos compatriotes voteront pour un projet de réformes puissantes, qui rétablira l’ordre et l’autorité. Le bilan d’Emmanuel Macron aujourd’hui est la preuve qu’il n’aura pas ce courage de faire.

Propos recueillis par Lucas Jakubowicz

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