Le modèle économique actuel des professionnels du patrimoine va-t-il perdurer ? Entre réformes et mutations de l’écosystème, les métiers de conseils traversent une période charnière qui définira leur avenir. Point avec David Charlet, président de l’Anacofi.
Décideurs. Vous affichez une croissance des adhérents de 66 %, comment l’expliquez-vous ?
David Charlet. Nous avons eu un cumul de raisons habituelles qui explique cette augmentation, en plus de la réforme du courtage qui représente certainement le plus gros de cette croissance. La part des conseillers CIF est croissante sur 2022 avec des profils variés : des collaborateurs qui sortent des groupes pour créer leur cabinet, recrutements par des réseaux professionnels… ces nouveaux profils rejoignent des associations agréées en vue de la nouvelle réforme.
 
Vous avez récemment recruté une directrice générale, Valéria Faure-Muntian, quel sera son rôle ?
Elle est responsable de l’encadrement global des équipes salariées. Nous avons intercalé Valéria Faure-Muntian entre les présidents et les équipes, définie comme étant l’adjointe des présidents. Par délégation, elle aura aussi une fonction de représentation des présidents.
 
Inflation, hausse des taux, difficultés d’accès au crédit… Comment vos entreprises adhérentes vivent cette période ?
Nous leur fournissant essentiellement de l’information et une négociation collective sur certains services pour qu’ils soient le moins impactés possible par certaines décisions qui augmenteraient leurs coûts.
 
La concentration de marché est une opportunité pour le métier ?
C’est une réalité qui amène à la création de grands acteurs. En dix ans, nous avons vu l’émergence de grandes ETI tout en conservant un grand nombre d’acteurs de petites tailles. C’est une bonne chose que d’avoir une telle diversité de marché. La vraie question porte sur la conquête de l’international, au minimum à l’échelle européenne, pour ces grands groupes afin de continuer leur croissance.
 
Quels sont les projets en cours au sein de l’Anacofi ?
Réussir la réforme du courtage ! Plus en interne, nous changeons une grande partie des présidents cette année donc nous allons faire en sorte que la nouvelle équipe d’élus prennent tous les rouages de l’association en main. Certaines négociations sont en cours autour de sujets politiques et modèles économiques que nous devons absolument réussir pour éviter que nos métiers soient en danger.
 
Que pensez-vous de la fin des rétrocommissions ?
Nous menons une bataille collective sur les modèles de rémunération dont tout un écosystème dépend. Nous faisons tout ce que nous pouvons tant au niveau national qu’européen pour que la profession ne soit pas mise en danger. En France, nous sommes sur un modèle de liberté et de transparence, au sein duquel les honoraires, commissions et rétrocessions cohabitent. C’est le seul schéma permettant d’apporter du conseil à tout épargnant et non pas seulement aux ultras riches.
 
Propos recueillis par Marine Fleury

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