Le prix d’une estampe, comme pour une œuvre d’art en général, dépend de la notoriété de l’artiste, du sujet, du format, de l’état de conservation et du nombre de tirages. Le dosage de ces critères – et les effets de mode auxquels est soumis l’art contemporain – pousse certaines feuilles à des prix faramineux. Le marché demeure cependant une niche d’œuvres abordables dont 75 % à 85 % des lots sont vendus à moins de 2 000 euros. Avec un budget de 100 à 500 euros, les jeunes acheteurs commencent souvent leur collection par quelques signatures connues, rassurantes car abordables.
 
Le moderne et le contemporain prévalent sur l’historique
Les planches les plus cotées de 2021 illustrent l’autorité des œuvres modernes et contemporaines sur celles historiques. Une tendance d’autant plus marquée que Banksy devance Warhol, Basquiat ou Matisse, avec un nouveau record personnel établi cette année à 2,8 millions de dollars dans cette catégorie pour Girl with Balloon. Nous observons là un revirement dans les préférences du marché avec un goût marqué des collectionneurs pour des artistes plus jeunes et plus en phase avec notre époque. L’appréciation des planches anciennes requiert un savoir d’initié. C’est un marché confidentiel dont les épreuves valorisées au-delà du million d’euros sont toujours de la plus grande rareté et d’une magnifique qualité d’impression, mais il s’agit d’un marché de niche, contrairement à l’art contemporain porté par une forte demande, d’où des différences de prix considérables entre les meilleures estampes anciennes et les contemporaines les plus populaires. Le meilleur prix obtenu pour une gravure aussi incontournable que l’œuvre intitulée Adam et Ève d’Albrecht Dürer (1 million de dollars) est ainsi presque trois fois moindre que l’estampe la plus cotée de Banksy !
 
Tapis sur les Blue Chip
Les artistes Blue chip, personnalités les plus incontournables de l’industrie culturelle, sont les personnes chéris du marché de l’art. Leurs œuvres uniques cumulent des millions de dollars et leur position a été consolidée par des volumes de vente exceptionnels. Ils sont considérés comme des investissements sûrs et bénéficient d’une demande toujours croissante. Picasso, Basquiat, Jeff Koons, Warhol, Keith Haring, mais aussi Murakami, Nara, Banksy et Kaws... comptent parmi ces artistes et tous ont à leur actif une importante collection d’estampes, grâce à laquelle leurs œuvres sont plus accessibles. Les maisons de ventes accordent de plus en plus de place à cette production, notamment au travers de ventes consacrées à ce domaine.
 
De l’estampe aux NFT
Hokusai (1760-1849) appartient certes à la catégorie des "Maîtres anciens", mais sa modernité a une influence décisive sur l’évolution de l’art européen, notamment sur Vincent Van Gogh et Claude Monet. Il se classe parmi les 200 artistes mondiaux les plus importants du marché de l’art mondial., La Vague d’Hokusai, 190 ans après sa création, a fait l’objet d’un NFT avec le cachet du British Museum et la complicité de la start-up française LaCollection.io. Produites et classées sous différentes catégories selon leurs critères de rareté, La Grande Vague de Kanagawa numéro 1/10 (catégorie "super rare") a atteint le prix de 45 000 de dollars (10,6 ETH). Cette première réussite confirme l’émergence d’une demande pour des œuvres numériques estampillées par les grands musées. Indéniablement, la production de NFT par le British Museum, le musée de l’Hermitage ou celui des Offices apporte une légitimité au marché des cryptoactifs en promettant des valorisations intéressantes, notamment après les pertes économiques dues aux périodes de confinements. Reste à savoir si ces nouveaux acheteurs du numérique peuvent aussi devenir de nouveaux adeptes de l’acquisition d’œuvres d’art physiques. 
 
Par Nolan-Fredrick Darmon Fondateur de NexeArt Capital et expert agréee à la CECOA

 

Classements

Trouver les acteurs & informations qui vous aideront

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter du Magazine Décideurs, merci de renseigner votre mail

GUIDE ET CLASSEMENTS