Le constat est alarmant : depuis plusieurs années, la productivité française est à la peine. Malgré des efforts pour améliorer la productivité, des solutions innovantes sont nécessaires pour inverser cette tendance et réduire l’écart avec les leaders mondiaux. L’IA offre un potentiel transformateur pour résoudre ces défis multifactoriels.

Le taux de productivité horaire de la France (33 dollars produits par heure et par habitant en 2020) place la France au 10e rang européen, loin derrière l’Irlande (53 dollars) ou l’Allemagne (40 dollars). Les Français ont travaillé 5 % de plus que les Allemands en 2020. Pourtant, les Allemands ont produit près de 14 % plus de richesse (source : ExpertMarket). Selon le IMD World Competitiveness Ranking, la France aurait perdu 5 places en presque dix ans dans le classement des pays les plus compétitifs (33e en 2023). Plus inquiétant, des indicateurs montrent aussi un recul de la productivité globale des entreprises françaises : selon le Conseil national de productivité1, la productivité horaire dans l’économie française est actuellement inférieure d’au moins 6 % à son niveau de 2019. Malgré des efforts soutenus pour inverser cette tendance (formations pour les collaborateurs, adoption de technologies innovantes, refonte des modèles d’affaires…), les résultats escomptés se font attendre.

Cet état de fait impacte notre économie, mais plus particulièrement les entreprises contraintes de freiner leurs investissements en R&D, de limiter la croissance des salaires et de perdre en compétitivité sur les marchés mondiaux. Écart technologique vis-à-vis des leaders mondiaux, investissements inadéquats dans le capital humain, bureaucratie parfois lourde qui étouffe l’innovation… Les raisons sont multifactorielles.

Face à une situation qui semble se dégrader, la popularisation de l’intelligence artificielle (IA) pourrait changer la donne pour les entreprises. Les processus de back-office, longtemps considérés comme des centres de coûts, quoique nécessaires, pourraient bénéficier à plein du potentiel transformateur de l’IA.

L’IA pourrait aller jusqu’à augmenter la productivité des travailleurs de 40%

Chaque jour, une quantité astronomique de tâches administratives consomme un temps précieux, au détriment d’activités à plus forte valeur ajoutée. L’IA intervient comme un levier de performance. Avec la robotisation des processus (RPA) et les algorithmes d’apprentissage automatique, des tâches répétitives telles que la saisie de données, la gestion des commandes et le traitement des transactions sont exécutées rapidement, avec précision, libérant du temps pour des activités plus stratégiques. Selon une étude d’Accenture2, l’IA pourrait aller jusqu’à augmenter la productivité des travailleurs de 40 %. Le potentiel d’opportunités pour stimuler la productivité par ce biais est aujourd’hui largement inexploité.

Concrètement, comment l’IA pourrait-elle redéfinir l’avenir du travail en entreprise ? Prenons un exemple, celui du secteur bancaire : l’IA révolutionne la gestion des réclamations et la détection des fraudes, réduisant les coûts d’exploitation jusqu’à 10 %, tout en améliorant la satisfaction client, ou encore, les compagnies d’assurances qui, en intégrant l’IA, automatisent l’évaluation des réclamations et la gestion des risques, réduisant les délais de traitement de plusieurs jours à quelques heures.

Tout comme les services des ressources humaines qui recourent à l’IA pour le traitement des CV. Cette technologie leur permet de traiter des documents "déstructurés" et ainsi de renseigner automatiquement les champs correspondants dans une base de données, améliorant ainsi la comparabilité et facilitant la prise de décisions.

Plus impressionnant encore, l’IA facilite l’adaptabilité en temps réel des processus métiers. Par exemple, dans un service de gestion de back-office, un système d’IA opérationnels et ajuster automatiquement les flux de traitement, évitant des perturbations coûteuses. L’intégration de l’IA dans le back-office va au-delà de la simple automatisation : elle permet une prise de décision agile, basée sur l’analyse des données, propulsant la productivité à des niveaux sans précédent. Autre exemple d’adaptabilité dynamique : grâce à l’analyse continue du comportement utilisateur, l’IA détecte des schémas anormaux d’utilisation et identifie les opportunités d’automatisation, éliminant ainsi les tâches fastidieuses et minimisant les erreurs potentielles.

Répondre aux cas d’usage métiers

Ces usages de l’IA au service de l’optimisation de la chaîne de travail des entreprises soulèvent la question suivante : vers quelles solutions faut-il se tourner ? Si les États-Unis semblent avoir une longueur d’avance avec des solutions d’IA générative (ChatGPT avec OpenAI, Bard avec Google, etc.), celles-ci n’abordent que la génération de contenus. Elles serviront l’organisation des activités mais pas seulement, chaque solution devra se professionnaliser pour mieux répondre à l’apprentissage précis d’une activité ; les IA développées localement pour répondre aux cas d’usage métiers seront l’avenir.

Innovation&trust, la Digital Factory de Tessi, développe depuis deux ans sa nouvelle solution d’Intelligent Business Process Management Suite (iBPMS). Véritable révolution dans l’approche des processus métiers, cette solution française et souveraine sera lancée sur le marché dans les prochains mois. Développée autour d’une IA propriétaire, elle permet d’identifier des opportunités d’automatisation et d’optimisation des processus métiers, de cartographier des parcours clients et de concevoir l’expérience adaptée ou encore de définir des modèles descriptifs et prédictifs.

Véritable solution no et low code, la solution iBPMS d’Innovation&trust est également intégrée au ChatGPT 3.5, permettant ainsi de créer sans aucune compétence technique des parcours de production de gestion de back ou front office, industriels et dans une vision de citizen développeur.

Près de trois quarts (73 %) des dirigeants d’entreprises se sentent contraints de mettre en œuvre l’IA dans leur organisation3. L’adoption de l’IA exige des investissements ciblés, une planification stratégique et un changement de culture d’entreprise. Les chefs d’entreprise doivent envisager des partenariats stratégiques avec des acteurs technologiques, investir dans la formation continue et mettre en place des démarches de gestion du changement.

La baisse de la productivité n’est pas une fatalité. Avec une approche innovante axée sur l’IA dans le back-office, les entreprises françaises peuvent déclencher une nouvelle vague de croissance économique et réaffirmer leur position sur l’échiquier mondial. L’IA nous invite à repenser nos méthodes de travail, à mieux appréhender la convergence du front to back et à embrasser des nouvelles technologies prometteuses; elles ouvrent une nouvelle ère d’excellence opérationnelle et de prospérité économique.

SUR L’AUTEUR

Emmanuelle Ertel est à la tête de la communication corporate & innovation digitale du groupe Tessi. Après dix ans passés chez un éditeur international de RAD/LAD et ECM, elle rejoint Tessi en tant que DG de Docubase. Nommée CTO de Tessi France en 2015, elle y pilote une équipe de 500 développeurs/intégrateurs. En 2017, elle rejoint le directoire pour lancer le programme Pépites Shaker. 

 

1 Quatrième rapport du Conseil national de productivité
2 Étude Accenture
3 Étude Workday Global Survey

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