La seconde édition de MedInTechs, le salon de l’innovation en santé, aura lieu les 13 et 14 mars prochains au Parc floral de Paris. Dans le sillage de France 2030, l’événement placé sous le haut patronage d’Emmanuel Macron s’inscrit plus que jamais dans la transformation des usages en santé. Rencontre avec Muriel Benitah, sa présidente et co-fondatrice.

Décideurs. Selon vous, quelles grandes tendances influent en ce moment sur l’écosystème de la santé ? 

Muriel Benitah. Au fil de l’eau, deux grandes tendances s’esquissent : la préservation de notre capital santé et la transformation de nos organisations. D’une part, la santé mentale, la longévité et la gestion de la vulnérabilité occupent le cœur de nos sujets. Les start-up innovantes se mettent ainsi au service des patients en leur proposant des outils à portée de main. À l’image de beaucoup d’autres secteurs, la data et l’IA investissent massivement le monde de la santé. Grâce à l’e-santé, aux objets connectés et à la télésurveillance, les traitements évoluent. Ces soins hors des villes et des hôpitaux alimentent un parcours de santé « phygital », indispensable à la modification de notre système de santé. Mais ce n’est pas tout. Les progrès de la femtech démontrent notamment une meilleure considération de la place et de la santé des femmes. Il n’est plus possible d’innover en mettant de côté ceux pour qui on innove, les patients. Cette perspective renvoie à la véritable tendance dans laquelle s’inscrit MedInTechs : inventer ensemble la santé de demain.

Si vous deviez choisir un chantier ou thème prioritaire, quel serait-il ?  

La prévention constitue mon sujet de prédilection. Notre actuel système de santé manque d’oxygène. Pour aller de l’avant, il est nécessaire de passer d’une logique curative à une logique préventive. Un changement de paradigme qui prouve que l’innovation ne repose pas exclusivement sur de nouvelles technologies. Soigner ses habitudes alimentaires, sportives, et ses conditions de vie contribuent à cet effort qui se doit d’être collectif. À ce titre, les entreprises ont un rôle sociétal à jouer en anticipant les burn out. De même, les solutions de détection des dépressions post partum et des troubles du développement cognitif de l’enfant avant ses six ans se déploient activement. Prochainement, Malakoff Humanis présentera à MedInTechs une innovation capable d’identifier les risques de maladies cardio-vasculaires d’une personne. Il est nécessaire d’inviter chacun à la prise de conscience à son niveau. Ce n’est pas parce qu’un geste est trop petit qu’il ne mérite pas d’être accompli. Et ce n’est pas parce qu’il est trop grand qu’on ne doit pas s’y atteler.

Que pouvons-nous attendre de cette nouvelle édition de MedInTechs ?  

Cette année, les « villages » feront leur entrée sur le salon. Au nombre de six, ils initieront les visiteurs à la santé de demain. Parmi eux, le village Urgence permettra d’apprendre les gestes qui sauvent, notamment comment gérer une crise cardiaque dans le futur. Celui consacré à l’Innovation chirurgicale et interventionnelle présentera, entre autres, la confection de prothèses 3D. Enfin, le village Tiers lieux d’expérimentation est le fruit de la triade chère à MedIntechs, une rencontre entre ceux qui innovent, ceux qui soignent et ceux à qui s’adressent les innovations.

En tout, 200 acteurs de la santé feront tester leurs innovations sur place. Des start-up telles que Apneal, qui permet de repérer les problèmes d’apnée du sommeil via son smartphone ou Digipark, un programme d’accompagnement des patients atteints de la maladie de Parkinson, répondront présentes. Les 13 et 14 mars prochains seront l’occasion de rappeler que MedInTechs n’est pas seulement un salon, mais qu'il est surtout porteur d'une valeur de co-construction de la santé.

Propos recueillis par Léa Pierre-Joseph

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