Jusque-là inconnue du grand public, la Silicon Valley Bank, spécialisée dans le financement de start-up américaines, a fait faillite vendredi dernier. Entre dégringolade des valeurs boursières et propos rassurants des politiques comme des économistes, la chute de cette banque aux 209 milliards de dollars d’actifs pourrait avoir de sérieuses conséquences. 

La faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) se présente comme la plus importante disparition bancaire depuis celle de la Washington Mutual en 2008 ainsi que la deuxième plus grosse défaillance d'une banque de détail aux États-Unis. Afin de sauver les meubles et permettre aux clients de la branche anglaise de la SVB d’accéder à leurs dépôts et leurs services bancaires, le groupe britannique HSBC, présent sur les cinq continents, l’a rachetée ce lundi pour 1 livre symbolique.

La vague de retraits qui a entraîné la banqueroute de la SVB a déjà eu des répercussions sur d’autres banques dont la Signature Bank, également dissoute et détentrice d’actifs estimés à 110 milliards de dollars, avant d’en avoir, par effet domino, sur l’ensemble des marchés boursiers. Et ce, en dépit des 25 milliards de dollars investis par la FED pour garantir les dépôts de ces deux banques. Dès ce lundi, les marchés boursiers ont fortement réagi et tous ouvert en baisse : l’indice EuroStoxx 50 perdait 3,3%, le CAC 40 2,9% et la Bourse de Francfort 3,2%.

Le spectre d’une nouvelle crise des subprimes ?

Lundi 13 mars, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances tentait de rassurer les investisseurs de l'Hexagone en affirmant : "Les banques françaises sont solides, le système bancaire français est solide". Dans le même temps, la Banque de France indiquait que "Les banques françaises n'ont pas d'exposition à SVB". De son côté pourtant, la Bundesbank tenait, elle, ce lundi une réunion de crise sur l'impact de la faillite de SVB sur sa filiale allemande.

Malgré la réactivité des autorités européennes, les valeurs bancaires phares du Vieux Continent ont amplifié leur chute débutée le 10 mars en clôturant hier soir, à -6,8% pour BNP Paribas, -6,2% pour la Société générale et -9,9% pour la Commerzbank. Trois jours après la faillite de la SVB, le souvenir douloureux de la faillite de Lehman Brothers en 2008 revient comme un boomerang, et avec lui, celui des risques systémiques de taux d’intérêts relevés, d’un marché interbancaire paralysé ainsi que d’une économie bloquée. Les gouverneurs de la BCE, qui se réuniront ce jeudi 16 mars, devront apporter une réponse forte et commune afin de ne pas inquiéter les investisseurs et éviter un scénario catastrophe qui pointe à l’horizon.

Tom Laufenburger

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