« Vertigineuse ». C’est le qualificatif employé par la Coface pour qualifier la hausse à venir du nombre de défaillances d’entreprises dans le monde. Si tous les continents sont concernés, de fortes disparités régionales sont à prévoir.

C’est à un jeu auquel bien peu se seraient risqués que la Coface s’est livrée. L’assureur-crédit a publié ses prévisions pour l’année en cours en matière de faillites. Et le moins que l’on puisse dire que c’est que la crise sanitaire mondiale due au coronavirus aura une funeste incidence sur la vie des entreprises. L’étude précise que la crise économique se traduit par un double choc d’offre – l’économie réelle étant la première touchée par les difficultés – et de demande – les dépenses de consommation, de biens et de services étant annulées ou reportées en raison du confinement ou de la fermeture obligatoire des commerces non essentiels. Dans cet environnement d’incertitude extrême, la Coface anticipe une hausse de 25 % du nombre de défaillances d’entreprises dans le monde en 2020. Un chiffre qui, s’il est avéré, constituerait de très loin la plus forte croissance depuis dix ans (+ 29 % en 2009).

Des régions inégalement touchées

Derrière ces chiffres alarmants se cachent en fait des réalités très variables selon le territoire considéré. En effet, les experts prévoient que l’augmentation du nombre de défaillances pourrait atteindre 39 % aux États-Unis alors qu’elle ne serait « que » de 18 % en moyenne dans les pays d’Europe de l’Ouest. La France, quant à elle, devrait subir une hausse des défaillances de ses entreprises de l’ordre de 15 %, contre 33 % pour le Royaume-Uni, 18 % pour l’Italie ou 11 % pour l’Allemagne.

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Source : Coface, données nationales

Pour essayer de juguler au mieux les effets de la crise économique et d’accompagner les sociétés dans la tourmente, le gouvernement a déjà déployé plusieurs mesures de soutien aux entreprises du chômage partiel aux prêts garantis par l’État (PGE) en passant par les reports de charges sociales et fiscales ou l’aide en cas de forte baisse de chiffre d’affaires. Il a même consenti un assouplissement de plusieurs règles applicables aux procédures collectives. Des efforts bienvenus pour les chefs d’entreprises qui se sont rapidement tournés vers ces différents mécanismes d’aide. Ainsi, une semaine après leur lancement, 100 000 sociétés avaient déjà sollicité l’octroi d’un PGE, ce qui représente une somme de 20 milliards d’euros, selon Bruno Le Maire.

S.V.

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