En 2004, Bertille Burel et son mari James Blouzard fondent Wonderbox. Depuis, leur société est devenue leader du marché français et incontournable à l’international avec une présence en Espagne, Italie, Belgique et Suisse. Pour poursuivre son développement, le couple parie sur le site Wonder Weekend, une plateforme simplifiant les escapades.

Décideurs. Comment vous est venue l’idée de créer votre société?

Bertille Burel. En 2004, nous revenions d’un tour du monde de six mois et n’avions pas de travail. Mon mari avait envie de créer sa société. Nous avons alors commencé à travailler sur des business plans. C’était durant la période de Noël et nous n’avions pas envie d’offrir des cadeaux maté- riels. Notre expérience nous avait montré que cela n’avait pas vraiment de sens. Nous voulions offrir à nos proches des expériences à vivre, comme celles que nous gardions en mémoire depuis notre tour du monde.

 

Décideurs. Travailler avec son mari ne doit pas être facile tous les jours.

B.B. Notre relation privée n’a jamais été une gêne, bien au contraire. Quand un couple est solide, cela marche. Si nous n’avions pas vécu ensemble cette aventure, nous ne serions peut-être plus ensemble. Monter sa société est très chronophage : en choisissant de se lancer à deux, nous avons beaucoup partagé. Quand nous connaissions des tensions au travail, chacun comprenait ce qui se passait. Cela nous a aidés à surmonter cette période.

 

Décideurs. Comment vous répartissez-vous les tâches au sein de votre entreprise?

B. B. J’entends beaucoup d’entrepreneurs dire qu’ils se lancent avec des personnes complémentaires. Ce n’était pas du tout notre cas. Au départ, nous étions complètement interchangeables. Tous les six mois, on se répartissait les tâches. Aujourd’hui, James s’occupe du développement commercial de l’entreprise et moi du marketing.

 

Décideurs. Avez-vous intégré une personne extérieure à la gouvernance de l’entreprise?

B.B. Oui, cela s’est fait assez naturellement. Pour accompagner la croissance de notre société, nous avions besoin d’un profil plus senior. Notre directeur général est dans notre société depuis neuf ans. Il a commencé comme directeur financier et est aujourd’hui actionnaire.

 

Décideurs. Avez-vous trouvé facilement des investisseurs?

B.B. Non, notre relation personnelle constituait clairement un frein. Lors d’une présentation, un investisseur nous a dit que le fait que nous soyons mariés ne lui plaisait pas. Il a même avancé le chiffre de 50% de divorces. Il nous a alors demandé que l’un d’entre nous soit le chef et l’autre second. Nous avons refusé. En 2009, nous avons fini par réaliser une levée de fonds auprès de Serendipity. Cinq ans plus tard, quand le fonds a souhaité sortir, nous lui avons racheté ses parts. En étant très économes, nous avons réussi à financer quasiment toute notre croissance sur nos fonds propres.

 

Décideurs. Imaginez-vous vos enfants reprendre le flambeau?

B.B. Ils sont encore très jeunes: le plus vieux n’a que 8 ans. C’est une question que l’on ne se pose pas encore. Néanmoins, comme nous parlons souvent travail lors de nos dîners, on peut presque considérer qu’ils sont déjà en stage. Ils sont très précoces (rires).

 

Propos recueillis par V. P.

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