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La taxe sur les petits colis et la législation sur les moteurs thermiques ont des conséquences sur l’économie, apportent de l’imprévisibilité et n’ont pas forcément d’impact positif sur l’environnement. Faut-il pour autant "laisser faire, laisser aller" ? Pas vraiment…

Le scénario était prévisible. Le 1er mars, le gouvernement a instauré une taxe de deux euros sur les petits colis importés hors de l’Union européenne. Objectifs ? Limiter les parts de marché des géants chinois du e-commerce (Shein, Temu, AliExpress) qui mettent les fabricants européens sous pression avec des prix défiant toute concurrence, diminuer l’impact écologique de ces achats à l’empreinte carbone élevée, se protéger contre des produits ne respectant pas nos normes écologiques et sanitaires.

Quelques semaines plus tard, la taxe est qualifiée "d’échec majeur" par Gil Lorenzo, directeur général adjoint des douanes. Les Français continuent de commander massivement, les avions-cargos évitent les aéroports français et se déroutent vers le Benelux et les colis sont ensuite acheminés par camion vers l’Hexagone. C’est un bide sur toute la ligne : plus de pollution, des emplois menacés, moins de recettes fiscales qu’espéré.

Pour être efficaces, les réglementations doivent toutefois remplir deux conditions : être harmonisées à l’échelle de l’UE et s’inscrire dans le temps long, sans "va-et-vient"

Michel de Rosen, président de l’équipementier automobile Forvia était récemment interviewé dans Décideurs Magazine. Son groupe, fort de 140 000 collaborateurs, est dans la tourmente et fait face à une crise du secteur automobile. Selon lui, celle-ci tient aux "tâtonnements des régulateurs occidentaux" qui "désorientent les consommateurs" comme les entreprises. Ces dernières ne savent plus si elles doivent miser sur les moteurs thermiques ou hybrides, tandis que les ménages reportent leurs achats faute de visibilité. Les petits colis et l’automobile montrent que les contraintes réglementaires peuvent parfois faire plus de mal que de bien.

Faut-il pour autant adopter une vision libertarienne et limiter toutes les règles ? Non. S’il déplore la situation actuelle, Michel de Rosen plaide pour un retour du protectionnisme européen. Après tout, la Chine et les États-Unis en font autant. Pour être efficaces, les réglementations doivent toutefois remplir deux conditions : être harmonisées à l’échelle de l’UE et s’inscrire dans le temps long, sans "va-et-vient", pour reprendre les mots du président de Forvia. La leçon semble avoir été retenue. Dans notre média, le ministre Serge Papin expliquait il y’a peu que la taxe sur les petits colis sera, à court terme, étendue à l’ensemble de l’UE. Celle-ci a par ailleurs assoupli ses contraintes sur le secteur automobile.

Lucas Jakubowicz

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