La start-up française des batteries électriques créée en 2020 a sécurisé 2 milliards d’euros de financements en septembre dernier. Une levée de fonds historique pour la French Tech, qui permettra notamment de bâtir une première gigafactory à Dunkerque.

Il y avait du beau monde le 16 novembre à Dunkerque. La Première ministre Élisabeth Borne, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, le ministre délégué chargé du logement, Patrice Vergriete, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand ou encore Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, étaient réunis pour assister à la pose de la première pierre de la gigafactory de Verkor. Un projet opérationnel à compter de 2025 pour lequel la start-up a levé plus de deux milliards d’euros d’investissements et de subventions en septembre. Un record pour la French Tech.

"Aujourd’hui marque une étape décisive pour Verkor bien sûr mais également pour la transition énergétique européenne et la réindustrialisation de la France", résumait son CEO Benoît Lemaignan. Le site a vocation à fabriquer des cellules de batteries haute densité, performantes et bas carbone destinées aux véhicules électriques et au stockage d’énergie stationnaire. Les fonds levés serviront aussi à accélérer la recherche et à poursuivre les investissements afin d’améliorer toute la chaîne de valeur de la batterie.

Des soutiens de taille

Pour réunir cette somme, Verkor a mené une série C de 850 millions d’euros à laquelle plusieurs acteurs ont participé. C’est le cas de l’australien Macquarie Asset Management, principal investisseur dans cette opération. Autour de la table également: la société de gestion française Meridiam, qui a mis sur la table 200 millions d’euros selon l’AFP ; mais aussi des partenaires financiers et industriels historiques comme Renault, EQT Venture, EIT InnoEnergy ou encore Sibanye-Stillwater.

"La France attire, se réindustrialise, décarbone son économie, crée des emplois !"

La Banque européenne d’investissement pourra, elle, verser jusqu’à 600 millions d’euros, et l’État français, dans le cadre du plan "France 2030", débloquera 659 millions d’euros de subventions. Un montant qui prend en compte le soutien de la région Hauts-de-France et de la communauté urbaine de Dunkerque.

Les hauts-de-France attirent

Tous ces acteurs ont soutenu le projet parce que les enjeux sont colossaux du point de vue de la transition énergétique. La gigafactory aura une capacité de production initiale de 16 GWh par an. De quoi commencer à faire concurrence aux Asiatiques, très présents dans la fabrication de batteries et le raffinage de matériaux. La France entend bien gagner en souveraineté sur le sujet. Stellantis, Mercedes et TotalEnergies ont inauguré à Douvrin près de Lens leur première usine de batteries pour véhicules électriques. Le pays a également convaincu le taïwanais ProLogium de s’installer à Dunkerque d’ici à 2026.

La réindustrialisation de la France fait partie des sujets phares portés par Emmanuel Macron. Rien d’étonnant à ce que le président de la République ait twitté à l’occasion de l’annonce de la levée de fonds : "La France attire, se réindustrialise, décarbone son économie, crée des emplois !" En tout, 1200 emplois directs et 3000 indirects devraient être créés grâce à la nouvelle usine de Verkor. Même si le contexte de marché s’avère difficile depuis quelques mois, la French Tech arrive à signer de belles opérations.

Olivia Vignaud

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