À 33 ans, Florence Gomez dirige So.bio, qui regroupe les marques So.bio, Bio c’Bon et Le Grand Panier bio. Malgré une fibre littéraire, c’est le monde de l’économie qui a eu sa préférence, lui qui a un impact sur la société tout entière.
Florence Gomez (So.bio), le goût du terrain
Florence Gomez grandit dans le Nord de la France entre une mère professeure dans le public et un père directeur d’usine. Son "ascendant maternel" a d’abord pris le dessus dans ses choix de vie professionnelle. Passionnée d’histoire, de philosophie et de littérature, elle intègre l’École normale supérieure, avant de poursuivre à Sciences Po. Si elle n’envisage pas une carrière dans l’enseignement, elle reste attachée au service public. Son coeur penche pour l’économie. "C’est un domaine qui touche la société dans son ensemble et régit les interactions entre les personnes, explique-t-elle. On voit bien que ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz a un
impact sur le panier de chaque Français."
Engagement public
Lorsqu’elle révise à la BnF pour le concours de l’ENA, Florence Gomez se projette déjà à Bercy, qu’elle aperçoit depuis le bâtiment. Objectif atteint, puisqu’elle rejoint l’Inspection des finances à sa sortie de la haute école. La jeune femme y aborde de nombreux sujets techniques, du recouvrement fiscal au secteur maritime en passant par la politique des données. Elle intègre ensuite le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), qui accompagne les entreprises en difficulté dans la renégociation de leurs dettes. "On y est en prise directe avec la vie économique. J’ai ressenti ce qui m’anime vraiment : le sentiment d’être en contact avec le terrain", confie-t-elle.
Florence Gomez s’efforce de promouvoir un management le plus collectif possible
En 2022, on lui propose de postuler pour devenir la chief of staff d’Alexandre Bompard. Désireuse de découvrir le monde de l’entreprise de l’intérieur, elle saisit cette opportunité d’accéder "à un poste d’observation privilégié". "L’ascendant paternel a pris le dessus", sourit-elle. Le PDG de Carrefour, lui-même inspecteur des finances et ancien directeur de cabinet, est réputé pour faire émerger les profils passés par cette fonction, qui exige une très grande confiance entre le dirigeant et son bras droit.
De la théorie à la pratique
Depuis cette tour d’observation, elle analyse la manière dont l’équipe de direction de Carrefour gère, notamment, le sujet brûlant de l’inflation en 2022 et 2023. Une problématique revenue depuis quelques semaines sur le devant de la scène avec la hausse des prix du pétrole. "Le bio, un marché sensible aux fluctuations du pouvoir d’achat, a été traumatisé par la crise d’il y a deux ou trois ans. Depuis, les clients anticipent les hausses de prix", souligne celle qui a été promue en 2024 directrice générale de So.bio (qui regroupe So.bio, Bio C’ Bon et Le Grand Panier bio).
Florence Gomez, qui a piloté la refonte de la marque So.Bio à son arrivée, doit désormais poursuivre le redressement des enseignes et accélérer leur développement, notamment en identifiant les opportunités de croissance externe. Son goût du terrain et son œil de consommatrice bio avertie constituent autant d’atouts pour fidéliser les clients historiques et en conquérir de nouveaux.
Attachement au collectif
À 33 ans, mère de deux jeunes enfants et membre du conseil d’administration du Collectif des maisons de naissance françaises, elle s’appuie sur un solide sens de l’organisation et sur le soutien d’un mari très présent pour mener de front ses responsabilités, notamment ses déplacements à travers la France au plus près des 150 magasins qu’elle supervise. Florence Gomez, qui a mesuré chez Carrefour l’impact d’une écoute active incarnée par Alexandre Bompard, s’efforce à son tour de promouvoir un management le plus collectif possible. Toujours férue de littérature, celle qui aime Tolstoï, Montaigne ou encore Flaubert affirme "préférer influencer positivement la vie des gens par des actions concrètes plutôt que par des textes". Du tangible, toujours du tangible.
Olivia Vignaud