Le 22 juin, Silae dévoilait la deuxième édition de son Baromètre social, réalisé en partenariat avec Ouest-France, et consacré au marché de l’emploi. Si 82,5 % des salariés sont en CDI, seuls 62,8 % des moins de 30 ans en bénéficient.
CDI, un marché à plusieurs vitesses
Si 82,5 % des salariés sont en CDI, ce chiffre cache plusieurs réalités. Parmi celles-ci : l’âge à partir duquel s’obtient le contrat à durée indéterminée, puisqu’un jeune sur trois évolue sous un contrat court, selon la deuxième édition de son Baromètre social, réalisé par Silae en partenariat avec Ouest-France, et consacré au marché de l’emploi. Les moins de 30 ans attendent en moyenne 13,15 mois avant d’obtenir leur premier CDI, soit 43 % de plus que la moyenne tous âges confondus (9,19 mois). Les actifs les mieux lotis ont entre 30 et 39 ans (6,79 mois).
"Conçu comme un outil de flexibilité temporaire, le CDD s’est progressivement éloigné de sa vocation d’insertion, souligne l’étude menée par le spécialiste de la paie publiée le 22 juin. Aujourd’hui, un salarié en CDD a statistiquement 6 fois plus de chances d’être renouvelé que d’être converti en CDI au sein de la même entreprise. L’emploi temporaire tend à s’auto-entretenir."
Des profils connus de l’entreprise
Le baromètre, basé sur l’étude de 7,5 millions de fiches de paie, précise que 60,7 % des transformations de CDD en CDI interviennent dans les trois premiers mois. "Passé ce délai, la probabilité de titularisation chute drastiquement. Le phénomène est particulièrement frappant pour les profils d’expertise." Les plus de 50 ans affichent un taux de renouvellement de CDD élevé (41,82 %) pour une conversion quasi inexistante (4,82 %). Les cadres ne sont, eux, titularisés qu’à hauteur de 3,1 %. "Pour ces profils, le CDD s’apparente à l’achat d’une mission d’expertise ponctuelle, où l’entreprise mobilise un savoir-faire sans concéder d’engagement à long terme."
Les stages et l’alternance demeurent de bons moyens de décrocher un CDI
Les stages et l’alternance demeurent de bons moyens de décrocher un CDI, puisque ces dispositifs permettent "des périodes d’évaluation mutuelle". D’ailleurs, de manière plus globale, 76 % des recrutements ayant eu lieu en 2024 concernaient des salariés déjà connus de leur employeur. "L’entreprise ne cherche pas l’inconnu, elle pratique une forme de fidélisation inversée avec des profils qu’elle connaît parfaitement."
Une histoire de taille
La taille des entreprises joue également sur le type d’emplois proposés. Dans les très petites entreprises, le délai moyen avant « CDIsation » atteint 13,57 mois, contre 8,55 mois pour celle de plus de 250 salariés. Par ailleurs, au-delà de 3 120 euros mensuels net, le CDI s’impose à 96,4 %. En dessous de 1 170 euros, les contrats courts dominent à 92,7 %, précise le baromètre.
Rupture conventionnelle ou démission
Autre enseignement de l’étude : la démission reste le mode de rupture de contrat le plus utilisé en entreprise (61,44 %), loin devant la rupture conventionnelle (22,43 %) et les licenciements (16,13 %). En revanche, les cadres – qui bénéficie d’un meilleur pouvoir de négociation – ne sont pas logés à la même enseigne que les ouvriers qui peinent à obtenir des ruptures conventionnelles.
L’âge est également un facteur qui pèse dans la balance, avec des seniors davantage exposés au licenciement. Le genre joue aussi, puisque 11 points séparent les femmes et hommes sur l’accès à la rupture conventionnelle. Inversement, les hommes affichent un taux de licenciement supérieur de quatre points, chiffres qui s’expliquent notamment parce que les hommes s’avèrent surreprésentés dans les secteurs où le licenciement prédomine. À noter que les TPE font davantage usage de la rupture conventionnelle que les grandes structures en partie pour éviter le risque prud’homal.
Silae s’intéresse également à la trajectoire salariale tout au long de la carrière. Les moins de 30 ans bénéficient d’une impulsion plus vigoureuse de +9,7 % que les plus de 40 ans (+6,3 %) et plus de 50 ans (+5,2 %). "La fidélisation par le salaire est un levier réservé aux débuts de carrière." D’où la nécessité d’apprendre, dès ses débuts, à négocier.
Olivia Vignaud