Le candidat d’Emmanuel Macron à la présidence du Conseil constitutionnel Richard Ferrand a été approuvé par le parlement à 39 voix pour et 58 contre le mercredi 19 février : 59 votes auraient suffi à empêcher sa nomination.
Sur le fil, Richard Ferrand devient président du Conseil constitutionnel
Il s’en est fallu de peu. Richard Ferrand a été nommé président du Conseil constitutionnel. 58 parlementaires ont voté contre lui alors que 59 voix étaient nécessaires pour atteindre la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés requise pour bloquer sa nomination.
Manque de formation juridique et défaut d’indépendance
Proposée par Emmanuel Macron, la candidature de Richard Ferrand a été vivement critiquée par une grande partie de la classe politique. En cause, notamment, le manque de formation juridique de l’ancien président de l’Assemblée nationale qui n’est pas resté longtemps sur les bancs de la faculté de droit. Autre point cristallisant les tensions : le défaut d’indépendance politique du candidat, ancien membre du parti socialiste et proche de l’actuel président de la République (il est devenu secrétaire général du mouvement En marche en 2016, appelé LREM par la suite).
Auditionné ce mercredi matin par la commission des lois de l’Assemblée nationale et celle du Sénat, le candidat proposé par Emmanuel Macron reconnaît : "Je ne suis pas un professionnel du droit c’est vrai, mais comme vous un serviteur de la République". Richard Ferrand a également voulu se prévaloir de son “indépendance d’esprit” devant les députés et sénateurs.
Abstention du RN
Les réticences de la gauche et la droite laissaient présager une issue serrée : les parlementaires de gauche et les députés de droite avaient déclaré voter contre tandis que les sénateurs de droite, sans s’avancer sur la nature de leur scrutin, affichaient une réserve notoire sur le profil du candidat. Ce qui a fait pencher la balance en faveur de Richard Ferrand ? L’abstention, largement fustigée, des 16 députés du Rassemblement national.
Sur X, la patronne des insoumis Mathilde Panot n’hésite pas à sous-entendre l’existence d’un accord secret entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen : "Qu’a négocié Marine Le Pen en échange de son abstention ? Le RN : éternel allié de la survie de la macronie" Même stupeur du côté des Républicains, dirigés par Laurent Wauquiez qui dénonce la "complicité" des députés RN dans la nomination de Richard Ferrand.
Richard Ferrand dispose de huit jours pour refuser la fonction. Le sort de l’ancien ministre de la Cohésion des territoires est désormais entre les mains d’Emmanuel Macron qui doit encore valider sa nomination
Bien décidées à ne pas laisser l’ancien président de l’Assemblée nationale s’installer 2 rue de Montpensier, certaines voix de la gauche ont appelé Emmanuel Macron "à ne pas procéder à [l]a nomination [de Richard Ferrand]", comme Mélanie Vogel, sénatrice écologiste. Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice socialiste, a quant à elle renchéri et suggéré un "nouveau candidat ou un autre président à désigner au sein du Conseil actuel".
En principe, Richard Ferrand dispose de huit jours pour refuser sa nomination. Le sort de l’ancien ministre de la Cohésion des territoires est désormais entre les mains d’Emmanuel Macron qui doit encore valider sa nomination. “ Il n’est pas désigné en tant que président du Conseil constitutionnel pour l’instant, rien ne s’oppose à ce que le président de la République le nomme comme membre et ensuite nous verrons”, souligne la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda, à l’annonce des résultats. Affaire à suivre.
Ilona Petit