Bpifrance organise le 23 septembre à l’Accor Arena Paris le plus grand rassemblement business d’Europe. Placé sous le signe de la vérité, cette onzième édition verra se succéder plus de 1 000 intervenants internationaux et personnalités inspirantes. Les visiteurs sont invités à suivre leurs conférences et ateliers – retranscrits également en direct – mais aussi à découvrir des parcours thématiques consacrés à l’industrie, à la deeptech, à la santé ou encore à la création d’entreprise. Julien Noronha, directeur exécutif en charge de la communication de Bpifrance, nous en dit plus sur cet événement.

Décideurs. Vous avez choisi de traiter le thème de la vérité dans l’édition 2025 de Big, le rendez-vous annuel des entrepreneurs organisé par Bpifrance. La quête de vérité est-elle indispensable pour réaliser des affaires ?

Julien Noronha. Nous avons la conviction que les entrepreneurs doivent prendre la parole pour exprimer leur propre vérité. Des chercheurs, des économistes, des politiques sont généralement invités sur les plateaux de télévision pour évoquer les grands sujets économiques et sociétaux. Acteurs clés des territoires, qui portent des projets et embauchent, les entrepreneurs sont sur le terrain et prennent moins la parole. Nous avons souhaité qu’ils exposent leur vérité, au sens de leur réalité. Il leur faut dire ce qui va et ce dont ils ont besoin. Big leur offre une tribune. C’est une grande célébration de ceux qui font l’économie. Par ailleurs, Bpifrance est très investie dans l’innovation. Il est parfois utile de se rappeler l’importance de la réalité du fonctionnement du pays et le rôle de l’entreprise dans le modèle social français.

Pensez-vous que ces interventions puissent avoir un impact ?

C’est notre volonté. Cette année, 80 médias sont partenaires, soit notre chiffre le plus haut depuis la création de l’événement. Il y a bien sûr des médias économiques, mais également depuis peu une presse plus grand public et des créateurs de contenus qui viennent pour comprendre ce qui se dit. Nous souhaitons que l’événement ait une aura très forte au-delà du jour J. Pendant un an, les contenus enregistrés lors de cet événement seront diffusés à l’ensemble de la population.

Comment avez-vous construit l’édition 2025 ? Y a-t-il des nouveautés ?

Big est le seul temps fort dans le pays où est représentée la quasi-totalité de l’économie française, du créateur d’entreprise, au patron du CAC 40 en passant par l’industriel. Notre enjeu est de proposer au public l’événement le plus lisible possible. Chacun peut se construire un parcours utile et personnalisé. Mille speakers sont attendus autour de 500 conférences. On ne veut pas que les visiteurs arrivent et se demandent où sont les espaces qui les concernent. Nous avons donc créé des outils pour préparer son propre Big, avec des parcours destinés aux industriels, au secteur touristique, à celui de l’innovation ou de la santé… qui peuvent être enrichis et individualisés par d’autres contenus en fonction des sujets d’intérêt. Le but est de donner à chacun une feuille de route ainsi qu’une dose d’optimisme.

Avez-vous créé de nouveaux espaces ?

Nous transformons la patinoire de l’Accor Arena en food court de manière à faciliter la mise en relation. Grâce à un format de tablées pouvant accueillir 2 000 personnes assisses de façon aléatoire, des patrons de grands groupes vont se trouver en face de startuppers, de dirigeants de PME ou d’institutionnels. Par ailleurs, la coursive accueillera un parcours immersif et ludique valorisant la deeptech, c’est-à-dire des start-up et licornes issues du monde de la recherche, spécialisées en IA, dans le quantique, la biodiversité, etc. De quoi montrer que nous avons de belles entreprises en France.

"Le but de l’événement est de donner à chacun une feuille de route ainsi qu’une dose d’optimisme"

De nombreuses conférences seront dédiées à l’IA. Est-elle un sujet bien pris en compte par les entreprises ?

Trois grands sujets concernent l’IA. Comment l’IA peut-elle optimiser la gestion quotidienne, notamment la comptabilité ou la communication ? Sur ce volet, les entreprises n’ont pas toutes le même niveau de maturité. Des ateliers, conférences et espaces dédiés avec des démonstrations vont permettre aux PME et ETI d’améliorer leurs process. Ensuite, l’IA peut transformer les modèles économiques. Comment prépare-t-on l’entreprise à intégrer la technologie dans ses produits ou services de manière à rester compétitif ? Enfin, comment améliorer les chaînes de production pour répondre à la logique des prix des pays qui nous attaquent en ce moment ? Nous sommes loin d’avoir perdu la bataille de l’IA. La France dispose de solutions et d’entreprises extraordinaires.

C’est ce que vous souhaitez montrer aux acteurs de l’économie française ainsi qu’à l’étranger ?

L’an dernier, 8 500 personnes sont venues de l’étranger pour assister à Big. Ce chiffre augmente cette année, tout comme celui des régions du globe qu’elles représentent. Plus de 10 000 internationaux devraient écouter nos contenus sur la manière dont on appréhende le futur. Cela montre que nous sommes écoutés et pas seulement regardés. Ce n’est peut-être pas une démonstration de force, mais une démonstration de savoir.

"Il est dans l’ADN de Bpifrance d’apporter des solutions tangibles"

La RSE fait l’objet de nombreuses conférences de plus en plus pointues à Big et dans d’autres événements. Cela veut-il dire que cette thématique s’applique désormais de manière de plus en plus concrète ?

Oui et non. La conscience collective est là. La transition écologique est nécessaire pour le climat, nos enfants, mais les entrepreneurs savent aussi que c’est une opportunité. Comment gagner des parts de marché grâce à leur transition énergétique ? Il est nécessaire d’apporter des réponses concrètes, pas uniquement de parler de chiffres ou de dresser de grands constats. C’est dans notre ADN d’apporter des solutions tangibles. Par ailleurs, Big répond à un cahier des charges précis en matière de RSE (recyclage, réduction des déchets, réemploi, etc.). Nous montrons l’exemple.

L’internationalisation est-elle un sujet d’inquiétude en ce moment pour les entreprises ? Big sera-t-il l’occasion de revenir sur le sujet ?

Côté américain, nous connaissons des incertitudes sur les taxes. Côté chinois, nous avons des gens qui innovent et vont très vite et qui représentent une réelle concurrence pour l’industrie française. En Afrique, nous devons aussi développer davantage de partenariats. Les enjeux sont partout. Si les entreprises veulent se développer, elles doivent conquérir de nouveaux marchés. Nous devons donner des clés, montrer la force du collectif quand on va à l’export (comme l’Allemagne le fait), comment se prémunir contre les risques. Démarrer à l’export reste une grande étape pour les entrepreneurs, mais elle s’avère nécessaire.

Le sujet de la reprise d’entreprises sera traité à Big. Est-ce un nouveau moyen d’entreprendre que Bpifrance souhaite mettre en avant compte tenu des enjeux de transmission dans les années qui viennent ?

C’est un sujet que nous portons depuis longtemps. Nous avons le site Bourse de la transmission permettant de trouver des cibles ou de proposer une entreprise à céder. D’un côté, il y a les TPE et PME qui dégagent moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires – comme des commerces et restaurants nécessaires à la vie de la cité – qui ont généralement un flux de reprises suffisant. Là où on a du mal à trouver la solution, c’est pour les PME et ETI de plus grande taille. Si elles ne sont pas reprises assez naturellement par la famille du dirigeant ou une personne en interne, il peut ne pas y avoir de transmission. Nous sensibilisons les entrepreneurs au fait qu’il faut cinq à dix ans pour préparer sa succession. Nous faisons aussi de la pédagogie pour montrer qu’entreprendre, ce n’est pas seulement créer son entreprise, mais c’est aussi la reprendre. Il y a de vraies opportunités.

Les conférences proposées lors de Big ont-elles été décidées pour répondre aux questions que se posent les entrepreneurs, ou ont-elles vocation à les emmener sur des sujets qu’ils n’ont pas forcément dans leurs radars ?

C’est un mix des deux. Les 600 collaborateurs de Bpifrance qui préparent Big, ont proposé des ateliers, parmi lesquels nous avons fait notre sélection. Étant sur le terrain, ils ont une vision assez claire des besoins. Il s’agit de nourrir les entrepreneurs sur les grands enjeux, d’apporter des solutions, de leur montrer des opportunités, les sujets d’avenir… Il est rare de venir à Big et d’en sortir sans se poser de questions. Les financements proposés par Bpifrance servent à développer des projets. Notre événement sert à les nourrir et à leur apporter du concret.

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Propos recueillis par Olivia Vignaud