Fondé en 1996, le groupe Oui Care compte aujourd’hui seize marques, dont O2 ou Les Petits Bilingues. Entrepreneur engagé, son président travaille au bien-être de ses clients, mais aussi à celui de ses collaborateurs.
Oui Care, l'entreprise qui reçoit 800 000 CV par an soit 2% des actifs de France
Si vous habitez Paris et que vous prenez le métro, vous avez très certainement déjà croisé les campagnes de pub pour O2, le spécialiste des services à domicile. Cette entreprise fait partie d’un groupe bien plus important, Oui Care, comportant seize marques (Nounou Experts, Les Petits Bilingues, La Compagnie des lavandières, Autonomia, etc.), qui répondent à différents besoins et à toutes les typologies de clients. Objectif : assister tout à chacun à différentes étapes de la vie, que ce soit en gardant les enfants, en entretenant la maison ou en aidant les parents.
Entreprise à mission
Créé en 1996, Oui Care emploie 20 000 collaborateurs en France et 3 000 à l’étranger. De quoi satisfaire l’envie de son fondateur, Guillaume Richard, qui, inspiré depuis sa jeunesse par Le Roi vert de Paul-Loup Sulitzer – l’histoire d’un homme devenu riche en partant de rien –, a eu envie de devenir un entrepreneur à succès, mais en ayant un impact positif. "Nous agissons pour la professionnalisation et la reconnaissance des métiers du service à la personne", précise le dirigeant dont le groupe a la qualité d’entreprise à mission.
Ses salariés peuvent choisir les formules contractuelles qui leur correspondent le mieux. Ils sont formés et aidés, lorsqu’ils le souhaitent, à grimper les échelons dans l’entreprise jusqu’à, pour certains, devenir franchisés. Le groupe travaille à l’égalité entre les hommes et les femmes, celles-ci étant majoritaires dans les services à la personne. D’ailleurs, chaque année, toutes ses marques reversent 5,1 % de leurs bénéfices au fonds de solidarité de Oui Care qui lutte contre les violences faites aux femmes.
Pléthore de CV
Oui Care reçoit environ 800 000 candidatures par an, soit l’équivalent de 2 % des actifs en France. "C’est colossal, et pourtant nous avons des problèmes de recrutements", souligne Guillaume Richard. Pourquoi ? "Avoir élevé ses propres enfants ou savoir cuisiner chez soi ne suffit pas pour en faire un métier : cela nécessite une formation et des compétences professionnelles spécifiques."
Oui Care reçoit environ 800 000 candidatures par an, soit l’équivalent de 2 % des actifs en France
Pour se démarquer face à la concurrence, Guillaume Richard souhaite apporter plus que le service de base. Par exemple, "au-delà de la simple garde d’enfants, nous nous engageons à en prendre soin en garantissant leur sécurité et leur bien-être. Cela implique de maîtriser les gestes de premiers secours et de contribuer activement à leur éveil et à leur développement." es bambins sont, par exemple, initiés à la cuisine, ce qui leur permet de développer leur motricité fine, leur apprentissage de la lecture ou des mathématiques, etc.
À bas la culpabilité
La demande en services ne manque pas, ce qui n’empêche pas le groupe de devoir faire de la pédagogie. "Il y a beaucoup de culpabilité, surtout chez les femmes, à demander à quelqu’un de cuisiner pour sa famille ou à s’occuper de ses parents." Guillaume Richard note que bien s’occuper de personnes âgées s’apprend et qu’il n’est pas toujours bon psychologiquement de faire la toilette intime de son père ou de sa mère. "Il vaut mieux déléguer certains soins et préserver le lien affectif."
Bien que la fiscalité favorise le service à la personne dans l’Hexagone, le chemin à parcourir reste encore long pour lutter contre le travail au noir. En Belgique, où l’État finance jusqu’à 70 % du coût des prestations ménagères, le marché déclaré représente 3 milliards d’euros. À l’inverse, en Espagne, où il n’existe pas d’aides publiques, celui-ci pèse moins de 100 millions d’euros. "En France, le marché s’élève à 9 milliards, en grande partie grâce aux 50 % de crédit d’impôt qui encouragent le recours à des professionnels déclarés, constate Guillaume Richard. Ces chiffres démontrent que les aides publiques ne sont pas une charge pour l’État, mais un levier efficace pour structurer le secteur et lutter contre le travail illégal." En tout cas, qu’importe les différents régimes fiscaux, cet entrepreneur entend faire de son groupe le numéro un mondial d’ici à 2035.
Olivia Vignaud