Il ne sera désormais plus possible de faire ses courses dans les supermarchés et hypermarchés Casino. La grande majorité des enseignes du groupe ont été rachetées par trois géants de la grande distribution alimentaire – Intermarché, Carrefour et Auchan –, tandis que les magasins qui n’ont pas pu être sauvés ont fermé leurs portes. Détenteur de Monoprix, Franprix ou encore Vival et Spar, le groupe Casino "reste plus que jamais présent sur les enseignes de proximité" précise la direction de la communication du groupe Casino.
RIP : les supermarchés Casino disparaissent définitivement
En proie à d’importants problèmes de trésorerie, le groupe Casino avait dû vendre plusieurs centaines de magasins à ses trois concurrents, qui avaient pour l’occasion bénéficié d’une dérogation leur permettant de racheter les enseignes avant le contrôle des concentrations de l’Autorité de la concurrence. Sollicité a posteriori pour évaluer les possibles effets anticoncurrentiels des opérations et donner son feu vert, le gendarme de la concurrence français s’était prononcé favorablement aux rachats par Intermarché et Carrefour fin 2024.
Deux engagements, dont un “inédit”
Ce vendredi, le régulateur a autorisé l’acquisition de 98 boutiques Casino par Auchan, sous deux conditions : l’enseigne à l’oiseau devra céder un de ses magasins à un concurrent situé dans la région d’Aubagne à Marseille. Toujours dans la cité phocéenne, Auchan s’est engagé à partager la surface de vente de l’un des supermarchés (dont il est locataire des murs) situés dans un centre commercial avec deux acteurs concurrents grâce à des contrats de sous locations. "[Un] engagement (…) inédit permet[tant] d’éliminer les risques d’atteinte à la concurrence dans la zone de Marseille en maintenant un dynamisme suffisant de la concurrence [tout en] enrichissant l’offre de produits alimentaires pour les consommateurs", explique l’Autorité de la concurrence dans son communiqué.
384 magasins cédés
Au total, ce sont 384 magasins Casino qui ont été cédés à Intermarché (261), Carrefour (25) et Auchan (98). A noter que groupe fondé par Edouard Leclerc a également réclamé sa petite part du gâteau et la prise de contrôle de quelques enseignes Casino non inclues dans le sauvetage des trois géants de la grande distribution : l’une d’elle, qui concerne un hypermarché brestois, est encore examinée par le gendarme français de la concurrence.
Pour préserver la concurrence, les trois repreneurs se sont engagés à céder quelques-unes de leurs enseignes dans des secteurs géographiques identifiés : Carrefour doit notamment vendre deux supermarchés à des concurrents en région parisienne et Intermarché s’est engagé à céder 14 enseignes un peu partout à travers l’Hexagone.
Quelques jours plus tôt, l’ADLC a également rendu son verdict dans le cadre d’une autre grosse opération dans le secteur de grande distribution alimentaire, autorisant Carrefour au rachat de 186 magasins Cora et Match.
Ilona Petit