Dans un contexte économique marqué par l’inflation, des évolutions fiscales et une incertitude politique qui a marqué les Français durant de nombreux mois, les entrepreneurs font preuve de vigilance dans le choix du statut juridique de leur entreprise.

Legalstart, première plateforme française dédiée à la création ainsi qu’à la gestion d’entreprise, a accompagné près de 750.000 entrepreneurs depuis sa création. Parmi eux, nombreux sont ceux qui se sont tournés vers la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).

Incertitudes économiques et politiques : pourquoi les entrepreneurs privilégient la SASU en 2025 ?

Depuis la fin de l’année 2024, la France traverse une période d’instabilité politique et économique. La chute du gouvernement Barnier, consécutive à la censure visant à réduire le déficit budgétaire de la France, a plongé le pays dans un climat d’incertitude. L’absence de majorité claire au Parlement a rendu difficile l’adoption de réformes économiques claires. Cette instabilité a un impact direct sur la confiance des entrepreneurs, qui peinent à anticiper les orientations économiques du pays.

Entre l’adoption retardée du projet de loi de finances (PLF) pour 2025 et la suspension de la réforme d’abaissement du seuil du régime de franchise en base de TVA à 25.000 €, de plus en plus d’entrepreneurs se questionnent sur le choix de leur statut en 2025. Dans ce contexte, la SASU s’impose comme une option privilégiée.

De cette manière, le régime de la micro-entreprise, autrefois prisé pour sa simplicité et ses charges réduites, devient moins attractif. En effet, dès 2024, les cotisations sociales pour les micro-entrepreneurs exerçant une activité libérale relevant des bénéfices non-commerciaux (BNC) ont augmenté. Mais à compter du 1ᵉʳ janvier 2025, ces dernières sont passées de 23.1 % à 24.6 %, avec une nouvelle augmentation prévue à 26.1 % au 1ᵉʳ janvier 2026. Cette hausse significative réduit l’avantage financier initialement associé au statut de micro-entrepreneur.

Selon un sondage mené par l’INSEE en 2024, en France, les créations d’entreprises repartent à la hausse, atteignant un nouveau niveau record de 1 111 200 nouvelles entreprises créées. Après une période de stabilisation entre 2021 et 2023, le nombre de créations rebondit nettement en 2024 avec une augmentation de +6 % (contre -1 % en 2023). Parmi ces créations, 716 200 entreprises individuelles ont adopté le régime de la micro-entreprise, avec une progression de 7 %. En parallèle, les créations de sociétés progressent de 5 %, dont 68 % concerne la création de sociétés par actions simplifiée (SAS).

La SAS et sa forme unipersonnelle s’imposent désormais comme le choix privilégié pour de nombreux entrepreneurs. Dans un environnement économique fluctuant, créer une SASU offre des avantages qui vont bien au-delà des atouts initialement associés au régime micro-entrepreneurial.

L’ère où la micro-entreprise était adoptée par défaut est-il donc dorénavant révolu ? Pas totalement, mais aujourd’hui, les entrepreneurs prennent le temps d’évaluer leurs besoins spécifiques et de choisir des structures plus évolutives capables de soutenir leurs ambitions de croissance dans un contexte économique instable.

Comme le constate Legalstart, le statut de la SASU, qui était déjà plébiscité par les entrepreneurs, l’est encore plus depuis le début de l’année 2025. Pierre Aïdan, co-fondateur de Legalstart, énonce à cet égard : “Nous constatons un changement de paradigme chez les entrepreneurs. Il ne s’agit plus simplement de créer vite et pas cher, mais de choisir un statut qui permet d’évoluer avec son activité. La SASU s’impose aujourd’hui comme un très bon compromis entre flexibilité et sécurité.".

Pourquoi la SASU séduit-elle autant d’entrepreneurs ?

La SASU séduit donc de nombreux entrepreneurs pour diverses raisons. Dans un premier temps, ce statut permet de bénéficier d’un cadre juridique souple tout en garantissant une séparation nette entre le patrimoine personnel de l’entrepreneur et celui de l’entreprise. Cette dissociation offre une protection jugée nécessaire par certains en cas de difficultés économiques.

Sur le plan fiscal, la SASU offre des avantages intéressants qui ont tendance à rassurer les entrepreneurs. Par défaut, elle est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), mais a la possibilité d’opter pour l’impôt sur les revenus (IR). Si les entrepreneurs font le choix d’une SASU soumise à l’IS, les bénéfices perçus seront imposés à un taux fixe de 25 %. Ils bénéficient aussi d'un taux réduit d'impôt sur les sociétés de 15 % sur leurs premiers 42.500 € de bénéfices. Pour cela, le chiffre d'affaires annuel hors taxes de l'entreprise ne doit pas dépasser 10 millions d'euros, et son capital doit être entièrement libéré et détenu au moins à 75 % par des personnes physiques. Les entrepreneurs peuvent ainsi réinvestir une partie de leurs profits à moindre coût.

Par ailleurs, la rémunération du dirigeant de SASU peut être faite sous forme de salaire ou de dividendes. Dans le cas de la rémunération, celle-ci est versée au dirigeant de SASU sous forme de salaire, déductible du résultat imposable. Cela constitue donc une option sérieuse pour réduire l’assiette de l’IS.

Mais le versement d’un salaire n’est pas toujours choisi par les entrepreneurs qui peuvent se tourner vers une distribution des dividendes. Cette dernière est également avantageuse fiscalement. En effet, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, ce qui inclut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Contrairement à d’autres statuts, les dividendes perçus ne sont pas assujettis aux cotisations sociales.

En termes de protection sociale, le président de la SASU bénéficie du statut d’assimilé salarié lorsqu’il perçoit une rémunération. Il dépend donc du régime général de la Sécurité sociale. Si le président ne perçoit aucune rémunération, il ne bénéficie d’aucun régime social et ne sera donc redevable d’aucune cotisation sociale. C’est un avantage majeur en cas de perception d’allocations chômage dans les premières années d’activités.

Par ailleurs, ce qui séduit surtout les entrepreneurs dans la SASU, c’est sa souplesse de fonctionnement. Les règles relatives au fonctionnement de la SASU sont très simples. La seule obligation consiste à nommer un président. En ce sens, l’associé unique peut rédiger ses statuts très librement contrairement à l’EURL ou la SARL.

Enfin, l’entrée de nouveaux associés est très simple en SASU. Il s’agit d’un statut juridique qui permet de s’adapter rapidement à une croissance significative.

Ce statut offre ainsi une grande souplesse aux entrepreneurs, tout en leur garantissant une base solide pour commencer un projet. La SASU est donc un choix stratégique pour s’adapter à une éventuelle croissance de l’activité, mais aussi pour attirer de potentiels investisseurs. Et face à un climat économique instable, ces avantages sont de plus en plus plébiscités.