Après avoir fustigé le manque de patriotisme économique de Bernard Arnault en janvier, le patron des supermarchés Leclerc se gausse de l'homme le plus riche de France. Motif ? Malgré les gages donnés à Donald Trump, LVMH risque de souffrir des taxes que le président américain compte mettre en place sur les spiritueux.

Le monde du rap et celui des grands patrons Français ont un point commun : l’amour des duels médiatisés. Après les "clashs" entre Booba et Kaaris, place aux joutes entre Bernard Arnault et Michel-Édouard Leclerc.

Première manche en janvier

En début d’année, les deux dirigeants ont croisé le fer en place publique au sujet de la politique fiscale du gouvernement Bayrou. Bernard Arnault pourfendait la mesure et menaçait à demi-mot de délocaliser une partie de ses activités aux États-Unis où le président Trump lui faisait les yeux doux. De son côté, le patron de la grande distribution jouait la carte du patriotisme économique.

Michel-Édouard Leclerc vient de remettre une pièce dans la machine dans un texte publié le 15 mars sur son blog personnel. Le sujet ? La hausse des taxes sur les champagnes, les grands vins et le cognac français que compte généraliser le républicain. Une mesure qui pourrait toucher LVMH. Pourtant, l’homme le plus riche de France avait donné des gages à Donald Trump, notamment en assistant à sa cérémonie d’investiture.

"Bernard Arnault sera-t-il, malgré son allégeance, victime collatérale du président US qui annonce ce week-end… 200% de droits de douane sur champagnes, grands vins et cognacs français ?

Match retour en mars

Le flatteur rançonné : voilà une situation qui semble faire rire le patron de supermarchés. "Bernard Arnault sera-t-il, malgré son allégeance, victime collatérale du président US qui annonce ce week-end… 200% de droits de douane sur champagnes, grands vins et cognacs français ? Je prie sans relâche pour qu’il n’en soit rien", écrit Michel-Édouard Leclerc qui, d’un ton acerbe glisse, "Décidément, les politiques, souvent dédaigneux des choses de l'épicerie, font de bien mauvais marchands".

"Pas de panique Bernard"

Fidèle à lui-même, le dirigeant joue la carte du chauvinisme en proposant à son riche homologue, lui aussi dirigeant d’un groupe familial devenu grand, de l’aider à écouler sa marchandise : "Pas de panique Bernard ! On a tous le droit de s'être trompé sur le marquis ! Nous sommes solidaires des viticulteurs : je fais promesse que les Leclerc, avec 700 hypers et 800 drives, les aideront pour revendre leurs cols et flacons, sans sur-marge, dans nos belles Foires aux Vins ! Nos clients apprécieront le retour de ces merveilleux nectars français, boudés par un Trump mal embouché !"