Directrice générale en charge du développement international de Thales, Pascale Sourisse aime négocier et manager des équipes partout dans le monde. Cette polytechnicienne, qui a fait ses armes notamment chez Alcatel, sait se donner les moyens de réussir.

En 2024, Pascale Sourisse est nommée dans la liste des quarante femmes qui pourraient devenir dirigeantes du CAC 40 établie par Women First. "Cela m’a fait plaisir, j’ai souri", réagit la directrice générale en charge du développement international de Thales. Mais sa vraie satisfaction reste d’être passionnée par ce qu’elle fait, "ce qui (lui) permet de consacrer toute l’énergie nécessaire à (son) activité professionnelle et de travailler avec enthousiasme et détermination."

Secteur industriel

Fille de médecins, née à Nantes d’où elle tire sa passion pour la voile, elle aurait pu reproduire le schéma familial. Mais des échanges avec sa professeure de mathématiques de terminale lui ouvrent de nouveaux horizons. Avec son aide, elle monte un dossier pour intégrer les classes préparatoires de Louis-le-Grand qui lui permettront d’entrer à Polytechnique. "J’avais un intérêt particulier pour les technologies et l’international", explique Pascale Sourisse qui, dès lors, s’est donné les moyens d’atteindre un bon niveau d’anglais.

Pascale Sourisse a travaillé pour France Telecom, Jeumont-Schneider et la Compagnie générale des eaux. En 1995, elle rejoint Alcatel, où elle gravit les échelons. À 39 ans, elle est nommée PDG des activités spatiales du groupe. "L’éclatement de la bulle internet a cassé les perspectives de croissance de nos clients, à qui on fournissait des capacités de transmissions avec nos satellites. J’ai dû restructurer l’activité." Pascale Sourisse a ensuite été à la manœuvre pour fusionner sa branche avec l’italien Leonardo. "L’intégration des équipes a été un très gros projet." Elle a également joué un rôle déterminant au moment de la cession des parts d’Alcatel à Thales.

Savoir convaincre

Aujourd’hui, elle parcourt le monde. En charge du développement international de Thales, qui compte pour 70 % du chiffre d’affaires du groupe, elle travaille avec des collaborateurs aux quatre coins du monde. Son style de management ? "Je pense être perçue comme quelqu’un qui soutient ses équipes."

"Je pense être perçue comme quelqu’un qui soutient ses équipes"

La dirigeante, membre du Comex, aime également la négociation. "Pour convaincre quelqu’un, il faut se mettre à sa place et comprendre son point de vue afin de l’aider à remplir ses objectifs, sans oublier les nôtres", explicite Pascale Sourisse, qui met en avant l’approche "consumer centric" de Thales. La dirigeante a aussi pour elle d’avoir travaillé pour le ministère de l’Industrie, ce qui lui permet de bien connaître le fonctionnement des pouvoirs publics. Un plus quand on négocie des sujets liés à la défense.

Favoriser la diversité

Est-ce qu’être une femme peut poser problème quand on fait du business dans certains pays peu familiers avec le concept d’égalité homme-femme ? "Est-ce qu’être une femme est un frein ? On peut se poser la question sur un tas de sujets. J’ai la chance d’avoir eu des postes intéressants et je ne me suis jamais dit que cela pouvait être une difficulté. Si j’avais rencontré un problème, j’aurais regardé comment le traiter", répond-elle. Pascale Sourisse précise que certains de ses interlocuteurs sont "intrigués" par son genre mais que l’important reste la relation de confiance qui se tisse avec eux. Chez Thales, elle travaille à améliorer la diversité, tout comme au sein de Polytechnique et de l’Institut polytechnique de Paris où elle œuvre en qualité d’administratrice afin de créer le vivier des dirigeantes de demain.

Olivia Vignaud