En France, 48 % des PME et ETI sont des entreprises familiales. Un passage de relais de qualité d’une génération à une autre est essentiel pour assurer leur pérennité. Retour à travers des portraits et des interviews sur des transmissions réussies.

Les entrepreneurs familiaux ont eu une petite frayeur en octobre dernier. Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025, des amendements adoptés en commission parlementaire visaient à durcir les conditions du pacte Dutreil. Une mauvaise nouvelle pour les dirigeants et leurs familles qui bénéficient d’un dispositif fiscal avantageux au moment de la transmission d’une société. Bien que le texte adopté début février par le Parlement n’ait pas remis le sujet sur la table, il n’en reste pas moins que le manque de stabilité fiscale constitue un frein aux yeux des acteurs économiques.

Les études montrent que, plus la contrainte réglementaire est forte autour des règles successorales, plus cela se ressent au moment de la cession du capital. Lors de la conférence de la Chaire Entreprise familiale de Paris Dauphine tenue en 2024, les intervenants ont cité le cas de la Grèce qui a abaissé en 2003 le taux d’imposition des transmissions d’entreprises de 20 % à 2,4 %. "En présence de droits de succession élevés, les investissements autour des transmissions d’entreprises diminuent de 40 %", font-ils valoir en se fondant sur des travaux universitaires. Or, ces investissements sont nécessaires pour assurer la pérennité de l’entreprise.

En 2023, il était prévu que plus de la moitié des entreprises familiales françaises seraient transmises dans les dix ans. Outre les aspects financiers et réglementaires, lorsqu’on les interroge sur ce qui a compté quand elles ont pris la relève, les nouvelles générations citent essentiellement leur volonté de conserver un ancrage local ou encore d’avoir un rôle en matière sociale et environnementale. Retour, à travers des portraits et interviews de dirigeants passionnés, sur ce qui fait le sel d’une bonne transmission d’entreprise au-delà des aléas politiques.

Jean-Thomas Schmitt (Heppner) : "J'avais besoin de me forger une crédibilité"

Armelle Lecerf (Groupe Brochard) : De la culture aux parpaings

Alexandre Barrière et Joy Desseigne-Barrière (Groupe Barrière) : Le frère et la soeur entrent dans le jeu

Lou Burger (Burger & Cie) : "Les entreprises familiales favorisent le long terme"

Jérôme Bocuse (Paul Bocuse) : La fortune du pot

Jean-Baptiste Thélot (Sofinord) : Histoire d’une transmission réussie

Jérôme et Édouard Sauer (KS groupe) : Se donner à fonds

Julien et Marc Wormser (Banque Wormser Frères) : Tradition et innovation

Camille et Damien Vever (Vever) : L’Art déco nouvelle génération

Nicolas Despagne (Maison-Blanche) : Chai d’œuvre par nature

Muriel Acat (Prova) : "Je prépare mes enfants à devenir des actionnaires éclairés et responsables"

Entretien avec Renaud Dutreil, ancien ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales : "Sans entreprises familiales, nous risquons la désertification économique"