Le télétravail commence à être contesté dans les entreprises. Il pourrait pourtant générer des effets positifs sur la productivité. Une récente étude de l’Insee interroge ses répercussions sur l’organisation du travail et la performance des entreprises.
Le télétravail, rentable pour les entreprises ?
Moins de télétravail pour plus de productivité, une idée reçue ? Alors que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à rétropédaler sur le travail à distance, il semblerait qu’il ait pourtant des vertus souvent sous-estimées par les employeurs. Démocratisé durant la crise du Covid, le télétravail s’est durablement implanté dans les entreprises françaises selon un rythme moyen de deux à trois jours par semaine.
Modèle d’organisation de l’activité ancré dans les entreprises, le travail à distance permet d’améliorer les conditions de travail, de réduire le temps de trajet ainsi que certains coûts, mais peut aussi causer des problèmes de coordination et de cohésion d’équipe.
Aujourd’hui, il serait associé à une meilleure productivité. Selon l’Insee, entre 2019 et 2022, une hausse de 10 points de la part de télétravailleurs correspondait à un gain de 0,7 à 1 point de croissance de la productivité.
Effet de seuil
Comme l’indique l’Insee, le changement est nettement plus visible au sein de structures louant avant le Covid-19 des locaux complémentaires à leurs bureaux principaux. De 2019 à 2022, ces entreprises enregistraient une hausse de 2,7 % de croissance de la productivité.
Au-delà d’un certain seuil – autour de 20 à 25 % de télétravailleurs, les gains ont tendance à faiblir, notamment à cause de difficultés de coordination
Cependant, ces gains de productivité sont difficiles à généraliser à toutes les entreprises et à l’ensemble de l’économie. L’étude montre qu’ils ne s’expliquent que très peu par les économies de coûts ou les investissements informatiques.
La hausse de la productivité pourrait venir de l’organisation de l’activité et de meilleures conditions de travail pour les salariés. Enfin, au-delà d’un certain seuil – autour de 20 à 25 % de télétravailleurs, les gains ont tendance à faiblir, notamment à cause de difficultés de coordination.
Lisa Combe