Après avoir développé une société de leasing à destination des VTC, le jeune entrepreneur a lancé il y a deux ans Stairling. Objectif : améliorer le statut des chauffeurs indépendants. Depuis, le succès est fulgurant.
Mimoun El Alami, au service des chauffeurs
Arrière-petit-fils, petit-fils et fils d’entrepreneur. Mimoun El Alami pouvait-il échapper à l’ADN familial ? Visiblement non, même s’il aurait pu.
L’entrepreneuriat dans le sang
Le trentenaire a grandi au sein d’une famille bien connue du patronat marocain. Son grand-père a tenu les rênes d’Aluminium du Maroc, un conglomérat également présent dans l’hôtellerie et l’immobilier. Sa mère, de son côté, a, notamment, dirigé une usine de verre optique et déployé la franchise du lunettier Lissac dans le Royaume chérifien.
Après des études en France, à Dauphine et à l’ESCP, Mimoun El Alami aurait pu devenir salarié : "J’ai effectué des stages en banque d’affaires chez Messier & Associés puis Rothschild avec des possibilités de CDI." Fidèle à l’histoire familiale, il choisit de « monter sa boîte » à 24 ans, sans aucune aide parentale. Point important, cet amoureux du risque fait le pari de se lancer en France alors que le Maroc - où son nom lui aurait ouvert bien des portes et des fonds - offrait un terrain plus favorable.
Première tentative
Nous sommes en 2017. Ce sont les grands débuts de la "start-up nation" et de l’essor des chauffeurs VTC sur des plateformes comme Uber, Heetch ou Le Cab. Pour ces indépendants, l’achat d’un véhicule représente parfois un lourd investissement… et un marché prometteur. Un créneau dans lequel s’engouffre Mimoun El Alami. À 24 ans seulement, il crée Findrive, une société de leasing pour chauffeurs. L’entreprise ne tarde pas à faire parler d’elle auprès des professionnels du secteur comme du grand public, grâce à des partenariats avec des influenceurs et des sportifs.
Les débuts sont prometteurs, mais le Covid chamboule tout : "Le modèle consommait beaucoup de fonds propres et l’arrêt de l’activité économique durant les confinements a été très dur", se souvient le dirigeant. En 2022, il se sépare de son "bébé", cède la société, assure la transition avec la nouvelle équipe dirigeante, puis intervient comme consultant auprès de gestionnaires de flotte. Mais le virus de la création d’entreprise le reprend.
Le fil rouge de la carrière de Mimoun El Alami ? "Limiter la précarité des chauffeurs"
La voie du succès
En 2024, il refonde une société dans le secteur des VTC avec le même fil rouge que pour Findrive, "limiter la précarité des chauffeurs". Nom de la nouvelle structure : Stairling. L’entreprise propose une forme de portage salarial permettant aux chauffeurs de bénéficier d’un véritable contrat de travail et de cotiser pour leur retraite. Bref, d’être moins précaire, tout en continuant à opérer via les grandes plateformes.
Le succès est rapide. Le groupe travaille avec 1 400 professionnels, soit 4 % des chauffeurs de l’Hexagone. Le bouche-à-oreille permet à Stairling d’atteindre une croissance impressionnante : 600 % de croissance annuelle, 54 millions de chiffre d’affaires, pour une cinquantaine de salariés répartis entre la France et le Maroc.
D’ici fin 2026, Mimoun El Alami espère atteindre la barre des 4 000 chauffeurs et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Lucas Jakubowicz