Des arrêts maladie de plus en plus fréquents et longs… C’est ce qui ressort de l’étude du groupe Diot-Siaci sur le taux d’absentéisme au sein des entreprises françaises en 2024.

Qu’un salarié pose un arrêt maladie lorsqu’il ne se sent pas en mesure de travailler, cela semble être la norme. Pourtant, depuis ces dernières années, le taux d’absentéisme dans les entreprises n’a cessé d’augmenter pour passer, en 2024, à 4,84 %. La raison ? Les arrêts maladie n’ont jamais été aussi longs et atteignent aujourd’hui 21,5 jours en moyenne, soit une durée record depuis la crise du Covid.

Les longs arrêts (au moins 90 jours) représentent plus de la moitié des absences au travail (2,63 %). Quant aux arrêts courts, ils ne constituent que 0,16 % des arrêts, d’après l’étude du groupe Diot-Siaci sur l’absentéisme au sein des entreprises françaises en 2024.

Sur le podium, maladies et rapport au travail

Les arrêts maladie ne cessent d’augmenter en raison de la circulation toujours plus forte de maladies ordinaires ou saisonnières. En 2024, plus de la moitié des collaborateurs disent avoir été absents à la suite de pathologies comme la grippe, les bronchites, gastro-entérites, etc. Des chiffres qui continuent d’augmenter depuis deux ans, passant de 39 % en 2022 à 44 % l’année suivante.

Outre ces maladies, la fatigue est l’une des composantes menant aux arrêts pour 37 % des salariés absents. Un motif partagé par, environ, la moitié d’entre eux (48 %). Les plus touchés par ce phénomène sont, une nouvelle fois, les jeunes salariés.

67 % des télétravailleurs déclarent que le travail à distance leur a permis d’éviter l’arrêt de travail

Le télétravail comme substitut

La deuxième place du podium revient au rapport au travail entretenu par les salariés. Même si la grande majorité d’entre eux se disent investis dans leur activité professionnelle, ils sont seulement 36 % à se dire “très investis”. Une implication qui semble s’essouffler, car plus de la moitié des salariés ressent ponctuellement un manque de motivation. Aujourd’hui, ils sont 18 % à éprouver du stress, et 13 % à estimer manquer de soutien de la part de leur entourage professionnel.

Alors que certains employeurs rétropédalent sur leur politique de télétravail (SG, Free, Ubisoft), 67 % des télétravailleurs déclarent que ce mode d’organisation leur a permis d’éviter l’arrêt de travail et de protéger ainsi leurs collègues des risques de contagion. Ils sont 46 % à y avoir eu recours régulièrement pour ne pas devoir poser d’arrêt maladie.  

Sabeiha Bouchakour, directrice conseil chez Diot-Siaci, explique dans le rapport : “On constate une hausse de l’absentéisme en entreprise depuis plusieurs années. Globalement, les salariés qui arrivent en entreprise sont majoritairement investis, mais leur motivation est plus volatile, elle ne résiste pas notamment au manque de reconnaissance et au sentiment d’iniquité.”

Dans ce contexte, le télétravail apparaît non pas comme une solution miracle, mais comme un moyen de prévention – à condition qu’il soit pensé de manière équitable et accompagné d’un véritable dialogue sur la qualité de vie au travail.

Lisa Combe