Inspirée de la pédagogie de Maria Montessori, l’approche de Maria Schools place les expériences d’apprentissage, fondées sur l’écoute active et la valorisation des collaborateurs, au cœur de son offre de formation. La conviction d’Agnès Alazard, cofondatrice de Maria Schools, demeure forte : à l’ère de l’IA et des bouleversements économiques et politiques successifs, l’identification des compétences doit être le point de départ de tout projet de transformation d’entreprise.
Agnès Alazard (Maria Schools) : "Grâce à notre atelier, la compétence devient un élément tangible, qui se manipule aisément"
Décideurs. Quels sont actuellement les grands enjeux du secteur de la formation ?
Agnès Alazard. Les IA génératives représentent une révolution technologique majeure et accentuent la vitesse à laquelle la société évolue. Elles suscitent également des inquiétudes chez une part importante des salariés, qui s’interrogent sur les impacts que les IA auront sur leur métier. Les entreprises doivent former leurs collaborateurs à l’usage des outils. Il est tout aussi essentiel de les aiguiller dans leurs usages, afin qu’ils puissent mettre l’IA au service de leur métier, et se concentrer sur des missions à haute valeur ajoutée. Former à l’ère de l’IA implique de garder une longueur d’avance et d’identifier, en continu, les meilleurs cas d’usage en la matière.
Il est également indispensable de développer les compétences durables que sont la créativité, la collaboration, l’esprit critique et la communication. Mêler hard skills et soft skills est essentiel pour faire de cette révolution technologique un levier de transformation, tout en gardant la main sur les savoir-faire. Car il est impossible de déléguer à l’IA ce que nous ne maîtrisons pas.
"Les entreprises doivent former leurs collaborateurs à l’usage des outils de la révolution technologique"
Qu’est-ce que la Fresque des compétences ?
Il s’agit d’un atelier pédagogique, immersif et ludique qui place la compétence au centre des conversations. Cette méthodologie innovante de collaborative learning permet aux équipes d’évaluer les compétences du groupe, de valoriser l’apprentissage entre pairs et de se mettre en mouvement pour apprendre.
Les participants s’alignent d’abord sur la définition même d’une compétence, grâce à un jeu de cartes énonçant les compétences et leurs définitions. Ils travaillent ensuite sur un arbre graphique : les racines, pour identifier et exprimer les compétences hard et soft révélées par les pairs, le tronc pour déterminer les compétences présentes au sein du collectif, et les branches afin d’évoquer les compétences qu’il reste à acquérir pour atteindre les objectifs.
Grâce à cet atelier, la compétence devient un élément tangible, qui se manipule aisément. Ce qui est essentiel pour avoir des organisations agiles sachant identifier et solliciter les compétences nécessaires par type de projets. Cela donne également confiance aux participants, qui prennent conscience des compétences qu’ils ont déjà et de celles qu’ils devront développer. Ces étapes donnent aux collaborateurs l’envie d’apprendre et de se mettre en mouvement.
Nous pouvons former des “fresqueurs″ en entreprise, ce qui rend cet atelier aisément déployable à l’échelle. Microsoft a ainsi formé environ 900 personnes en deux mois, et a rencontré un grand succès, puisqu’aucun collaborateur n’a été absent durant les ateliers. L’entreprise a d’ailleurs reçu une mention spéciale du jury pour le trophée “Dispositif pédagogique innovant″ lors de la dixième édition de l’événement U-Spring, organisé par Décideurs RH et le groupe Ficade.
"Notre actif le plus précieux pour notre vie professionnelle réside dans nos compétences″
Comment s’est construite votre offre de formation ?
Nous défendons une approche fondée sur les compétences et non sur les métiers. Alors que 85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore, notre actif le plus précieux pour notre vie professionnelle réside dans nos compétences. Ce sont les fondations d’une entreprise apprenante. C’est pourquoi nous avons construit un catalogue de formation organisé par compétences et non par thématiques. Cela donne une grande liberté dans l’assemblage des modules et des compétences, au service des projets que l’entreprise doit mener. Cette offre sur étagères est personnalisable selon les besoins exprimés par les managers et l’ensemble des équipes.
"Nous lançons, le 3 juin, la première promotion du programme de leadership au féminin Loud’Her"
Quelles sont vos prochaines actualités ?
Nous venons de démarrer l’activité de Maria Schools à Marseille et lançons, du 3 juin au 7 juillet prochain, la première promotion du programme de leadership au féminin Loud’Her. Il s’agit d’un format d’une douzaine de participantes autour de la prise de parole en public, l’assertivité, la posture, la visibilité sur les réseaux sociaux, etc. Autant d’éléments essentiels pour aider les femmes à prendre confiance. Nous nous réjouissons du lancement de ce nouveau programme.
Propos recueillis par Caroline de Senneville