Mathilde Geolier a cofondé la première marque de compléments alimentaires dédiés à la santé du cerveau et à la longévité cognitive. Elle revient sur son parcours et la nécessité de prendre soin de notre organe le plus puissant.
Mathilde Geolier (Brainologist) : "Nos modes de vie impactent énormément notre cerveau"
Décideurs. Racontez-nous votre parcours.
Mathilde Geolier. Bien qu’issue d’une famille d’entrepreneurs, je n’avais pas forcément la fibre entrepreneuriale. En revanche, j’avais soif de curiosité et je voulais voir ce qui se passait ailleurs. En école de commerce, j’ai pu partir à l’étranger à plusieurs reprises. Ensuite j’ai fait mes armes dans un grand groupe en marketing avant de tester l’aventure start-up lors de laquelle je me suis brûlé les ailes. À 30 ans, j’ai été victime d’un burnout dont j’ai mis énormément de temps à récupérer, car épuisée mentalement, physiquement, émotionnellement. C’est là que le sujet du cerveau a commencé à prendre de la place dans ma vie.
Quelles réflexions avez-vous développées autour de ce sujet ?
J’ai compris que nous sursollicitons notre organe le plus puissant, qui régit notre humeur, notre stress et notre sommeil, au risque d’en payer les conséquences. En parallèle ma grand-mère est décédée d’Alzheimer. Je pensais que c’était une fatalité, qu’il n’y avait rien à faire. J’ai commencé à creuser le sujet. C’est aussi à ce moment-là que je suis aussi devenue maman, période qui a encore mis à rude épreuve mon cerveau. D’où l’idée de lancer Brainologist, une marque de compléments alimentaires dédiés à la santé du cerveau et à la longévité cognitive.
De quoi manquent nos cerveaux aujourd’hui ?
Ils manquent de plusieurs choses. D’abord d’un sommeil réparateur et régulier. Nous sommes dotés d’un système incroyable : le système lymphatique. Pendant la nuit, il s’active dans notre cerveau et permet de trier les déchets et de consolider la mémoire. Mais tout cela n’est possible qu’avec un sommeil profond et chronique. Notre cerveau manque aussi de bons nutriments. Aujourd’hui, même avec une bonne alimentation, la qualité des sols et nos modes de vie moderne ont un impact sur ce que nous consommons et comment nous le consommons. Enfin, le cerveau manque de temps de repos mental. Nous sommes toujours sollicités et notre cerveau ne sait plus s’ennuyer. Dans le métro, dès qu’on a une seconde, on sort notre smartphone. Les piliers pour prendre soin de son cerveau : le sport, le sommeil, la curiosité, la gestion du stress, mais aussi les nutriments. Nous avons développé une gamme de trois produits afin d’apporter à notre cerveau les bons nutriments au bon moment.
"Le marché des compléments alimentaires est en train de se structurer"
Qu’est-ce que le braincare ?
Il s’agit littéralement du soin du cerveau. Nombreuses sont les personnes à avoir adopté des skincare en quatre ou cinq étapes. Nous devrions aussi développer de nouvelles routines pour prendre soin de notre organe qui pilote tout. Avec Brainologist, celles-ci s’inscrivent facilement dans notre quotidien.
Comment se construire une crédibilité sur le sujet ?
Dans l’entrepreneuriat et surtout dans les compléments alimentaires, il faut rester fidèle à ses valeurs, ne pas se survendre, faire de fausses promesses. Il convient de rester droit dans ses bottes, car on parle de santé. Chez Brainologist nous nous sommes entourés d’experts, de scientifiques. J’ai la chance d’avoir une associée, Alison Malamoud, docteure en pharmacie, qui formule elle-même les produits, va chercher les meilleures combinaisons d’actifs, s’intéresse aux dernières études. Elle vulgarise tout le discours autour du soin du cerveau, que ce soit sur les réseaux sociaux ou les médias. Depuis le début, nous sommes aussi accompagnées par une chercheuse en neurosciences cognitives, qui creuse ces sujets et nous accompagne sur des études cliniques. Nous faisons également appel à des professionnels de la santé, des médecins, ce qui permet de montrer que les compléments alimentaires peuvent être des alliés de la médecine.
Vous envisagez une levée de fonds cette année. Pourquoi ?
Le marché des compléments alimentaires est en train de se structurer. Il est très dense, avec beaucoup de "blabla" marketing et des marques qui font aussi très bien les choses. Émerger parmi tous ces produits est très difficile, donc il faut pouvoir être visible et aller toucher des personnes concernées par le problème afin qu’elles puissent entendre parler de nous. Pour cela il convient d’avoir les moyens. La levée de fonds permettrait d’accélérer notre acquisition en ligne, de démocratiser ces sujets, et d’aller chercher de nouveaux clients. Nous cherchons aussi à étoffer notre gamme. Nous avons plein d’idées afin d’aller plus loin dans le braincare, mais aussi d’intensifier la distribution. Brainologist commence à être disponible en pharmacie. L’idée est d’aller chercher d’autres canaux de distribution pour s’adresser à des consommateurs qui n’iraient pas forcément acheter en ligne.
Qui sont vos clients ?
Nous avons vraiment voulu nous adresser aux actifs entre 30 et 60 ans. Nos produits peuvent être consommés à partir de 18 ans, selon la réglementation sur les compléments alimentaires. Les étudiants font partie de nos consommateurs. Nous avons de très bons retours, notamment pour les périodes d’examens. Les seniors aussi, mais aujourd’hui, il existe un certain nombre de marques spécialisées sur ces deux catégories de population. Il y avait un vide entre ces deux cibles. Nos modes de vie impactent énormément notre cerveau. Pouvoir se donner les moyens d’avoir une belle carrière sans être épuisé mentalement lorsqu’on rentre chez soi nous paraissait important.
Propos recueillis par Olivia Vignaud