Le laboratoire français a mis la main sur la biotech américaine Blueprint afin de se spécialiser dans les traitements innovants qui se vendent plus chers que les médicaments grand public et anticiper une perte d’exclusivité sur l’un des produits qui lui rapporte le plus.

En juin 2025, Paul Hudson annonçait sa plus grande acquisition depuis qu’il a pris la tête de Sanofi en 2019 : Blueprint, groupe spécialisé dans la mastocytose, maladie immunologique rare. Pour ce faire, le géant pharmaceutique a déboursé 9,1 milliards de dollars.

Ce deal n’est pas isolé. En mai, Sanofi dévoilait son intention d’acheter la biotech centrée sur les maladies neurodégénératives Vigil Neuroscience, puis, en juillet, celle d’acquérir la biotech de vaccins britannique Vicebio.

Acquisitions et R&D

Pour rappel, en avril, le groupe français avait finalisé la cession de 50 % de ses parts d’Opella, la maison mère du Doliprane. Montant de la transaction en sa faveur : 10 milliards d’euros. Objectif du laboratoire : se défaire de sa branche grand public qui n’était plus assez rentable comparée aux traitements innovants qui se vendent à prix fort dans l’immunologie, la neurologie, les maladies rares et les vaccins.

Depuis, le dirigeant de la société multiplie les emplettes tout en investissant dans la recherche et développement. En avril, Sanofi inaugurait à Marcy-l’Étoile (Rhône-Alpes) une nouvelle unité d’excellence de R&D afin d’accélérer le développement de nouveaux vaccins, dont ceux à base d’ARN messager.

Temps long

Ces opérations se justifient notamment par la nécessité de trouver de nouveaux relais de croissance. La société dépend fortement du Dupixent, un médicament immunologique, qui représente 13 milliards de chiffre d’affaires sur les 43 milliards que dégage le groupe et qui tombera dans le domaine public à compter de 2031. L’échéance paraît d’autant plus courte que les biotech mettent en moyenne entre 7 et 10 ans à créer de nouveaux médicaments. En outre, tous les investissements ne paient pas. En mai, Sanofi annonçait l’échec de son traitement contre la bronchite du fumeur.

Blueprint dispose déjà du Ayvakyt, "seul médicament approuvé" pour soigner la mastocytose systémique avancée indolente, une maladie immunologique rare, précise le communiqué. « ­L’acquisition apportera également l’élénéstinib, un médicament de nouvelle génération pour la mastycose systémique ainsi que le BLU-808 , "un inhibiteur (…) qui a le potentiel de traiter un large éventail de maladies en immunologie".

Au premier trimestre 2025, Blueprint réalisait grâce à l’Ayvakit un chiffre d’affaires d’un peu moins de 150 millions de dollars, soit une croissance de 60 % par rapport à la même période l’an passé, et estimait qu’il pourrait dégager 2 milliards de dollars de CA d’ici à 2030. De quoi constituer un nouveau relais de croissance pour Sanofi.

Olivia Vignaud