C’est un futur atout de poids pour l’offre française de soins en pédopsychiatrie. Les travaux du projet IDEAL, qui sera hébergé dans les murs de l’hôpital parisien Armand-Trousseau (AP-HP), ont débuté le mercredi 24 septembre.
Pédopsychiatrie : Olivier Pelat fédère autour du projet IDEAL, porté par le professeur David Cohen
L’initiative portée par le professeur David Cohen, en partie financée par des mécènes privés réunis par l’homme d’affaires français Olivier Pelat, qui dirige le groupe Euroéquipements, un acteur majeur de l’hôtellerie. Sa mobilisation a permis de récolter plus de 48 millions d’euros, complétant un investissement public initial de 12 millions d’euros.
Des besoins urgents, des jeunes en souffrance et une offre de soins toujours trop faible
Plus d’une centaine de personnes ont assisté, ce mercredi 24 septembre, à la pose symbolique de la première pierre de l’Institut IDEAL. "Pour la santé mentale, une étape importante est franchie aujourd’hui à Paris", se réjouit Isabelle Rocca, maire adjointe du 12ème arrondissement de Paris, qui accueillera le futur centre. Les chiffres suffisent à apprécier l’ambition du projet. Le futur centre vise à accueillir, à partir de 2027, plus de 1500 jeunes patientes et patients chaque année sous la direction d’une figure emblématique du domaine, le professeur David Cohen, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le tout, sous la houlette de l’AP-HP, qui vise à faire de ce centre une référence dans l’accompagnement des jeunes touchés par l’autisme et les troubles du neuro-développement.
Le futur Institut IDEAL s’inscrit ainsi dans une démarche globale et aspire à rassembler, dans un même lieu, une offre de soins complète en consultations, hôpital de jour et hospitalisation de plus longue durée, tout en garantissant l’accès à la scolarité pour les jeunes patients suivis dans le centre. La recherche n’a pas été oubliée avec la création d’une clinique de l’autonomie et des nouvelles technologies pour les troubles du neuro-développement, soutenue par l’Institut des Systèmes Intelligents et Robotiques (ISIR). Des activités culturelles pourraient aussi y être intégrées, le professeur David Cohen étant aussi artiste plasticien amateur.
Un espace précieux car les besoins sont, dans ce domaine, très urgents. Décrétée Grande cause nationale en 2025, la santé mentale des Français reste fortement dégradée. Celle des jeunes l’est encore plus, notamment depuis la crise sanitaire et les mesures de confinement. Une enquête CoviPrev de Santé Publique France (SPF), menée sur la période 2022-2023, démontrait que 30 % des 18 – 24 ans reconnaissaient avoir des symptômes dépressifs modérés ou sévères, alors que 35 % présentaient des symptômes d’anxiété. Des taux qui, chez les jeunes franciliens, grimpent à 50 % pour les symptômes dépressifs et 40 % pour les troubles anxieux, selon un récent baromètre Harris Interactive – FondaMental, daté de fin 2024.
D’un point de vue global, entre 600 000 et un million d’enfants et adolescents feraient face à des troubles socio-émotionnels ou du développement en France. Peu d’entre eux bénéficient d’un suivi adapté, la Cour des Comptes déplorant "une offre de soin saturée" et “des parcours trop peu gradués” dans un rapport rendu public en 2023.
Le réseau professionnel et amical d’Olivier Pelat largement mobilisé
Pour mener le projet à son terme, le patron du groupe Euroéquipements, déjà à l’origine du Sidaction en 1994 et l’un des principaux mécènes du projet de restauration de la flèche de la basilique Saint-Denis, a mobilisé son vaste réseau qui a, très largement, répondu à l’appel. Olivier Pelat a ainsi réussi à rassembler plusieurs grandes entreprises, comme le groupe Accor, les magasins Cora ou Henner, un leader français de la protection sociale collective, des fondations d’entreprise ou encore quelques mécènes privés. En octobre 2024, un concert de soutien au projet rassemblait ainsi des personnalités politiques, comme Éric Woerth, Pierre Lellouche ou Bernard Cazeneuve, autour de la chanteuse Clara Ysé.
Autant de personnalités sensibilisées et engagées pour faire enfin naître ce projet qui, à terme, devrait être la référence européenne de la pédopsychiatrie. Et qui le resteront, l’espèrent les parties prenantes du projet. En effet, si le financement des murs est désormais “assuré”, explique le professeur David Cohen, les équipes d’IDEAL ont de grandes ambitions à l’avenir, notamment dans le domaine de la recherche. Pour Olivier Pelat, IDEAL s’inscrit dans la droite ligne de son engagement privé pour la santé. Lui qui avait, au début de la crise sanitaire, dédié un de ses hôtels du nord de Paris à l’accueil et l’isolement des premiers malades.