Créée en 2020, l’association France PCI entend améliorer la prise en charge et le pronostic des patients atteints de maladies coronariennes, à l’origine de 12 000 décès par an en France. Pour y parvenir, elle alimente un observatoire qui s’appuie sur un entrepôt de données de santé, structuré avec l’aide de l’entreprise Claranet. Entretien avec Grégoire Rangé, membre fondateur et président de l’association.

Décideurs. Dans votre cas de figure, à quels enjeux répond la mise en place d’un entrepôt de données de santé ?

Grégoire Rangé. Notre principal enjeu est d’ordre réglementaire. L’observatoire de France PCI est un registre multicentrique déployé dans 90 centres et, à terme, dans 200 centres en France. Il se fixe pour objectif principal d’améliorer la prise en charge des maladies coronariennes. Cette base de données sert également de socle à des publications et à des études cliniques qui impliquent la réutilisation des données et, par conséquent, l’information des patients.

Une tâche impossible dans une base dans laquelle 220 000 patients sont inclus par an et dispersés dans toute la France. Seul un entrepôt de données de santé (EDS) nous permettait d’être en accord avec la nouvelle réglementation de la Cnil consacrée aux registres médicaux.

Au-delà de la contrainte réglementaire, le recours à un EDS vous a-t-il offert de nouvelles opportunités ?

Bien sûr. L’EDS propose des fonctionnalités qui répondent à nos besoins actuels et futurs, tels que l’appariement avec d’autres bases de données, des espaces de travail collaboratifs avec des acteurs externes et de façon sécurisée, ou encore des outils de reporting et de benchmarking. À l’avenir, nous pouvons également envisager de faire tourner des outils d’IA ou de faciliter la réalisation d’études randomisées au sein du registre, avec un ajout de données complémentaires plus facile à mettre en œuvre que notre système actuel. D’une contrainte, nous avons fait une opportunité !

"Notre registre multicentrique [...] sert de socle à des publications et à des études cliniques qui impliquent la réutilisation des données"

Avez-vous dû faire face à certains défis (techniques, humains…) dans la mise en place de votre EDS ?

Nous nous situons encore dans la phase de construction de l’EDS et n’avons pas identifié toutes les éventuelles contraintes. Nous souhaitions conserver la même qualité de travail que par le passé, voire l’optimiser. À titre d’exemple, il fallait que nous puissions toujours faire tourner de nombreuses requêtes pour assurer le monitoring de la base et créer facilement des rapports d’activité personnalisables. À la différence d’autres EDS, nous disposions déjà d’une base de données extrêmement structurée, ce qui rend le projet plus simple que de constituer un EDS de A à Z.

Quels ont été les critères déterminants dans le choix de votre solution ?

Il était important que l’outil réponde à l’ensemble de nos besoins en data management, statistiques, reporting, benchmarking ou appariement à d’autres bases. L’expertise et l’implication des prestataires sollicités lors de l’appel d’offre était également essentiel. Il nous fallait un acteur avec de solides compétences et en capacité de mener ce véritable chantier. Si nous avons reçu des propositions d’EDS issues de structures hospitalières, nous avons finalement opté pour une entreprise indépendante. Nous avons privilégié notre autonomie afin de rester maître de nos données, de notre destin et garder une grande flexibilité pour affronter les enjeux à venir dans les meilleures conditions.

Propos recueillis par Léa Pierre-Joseph

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