En 2024, les investissements en capital-risque ont marqué le pas. Un secteur, celui de la santé, affiche une belle résistance, porté par la biotech, la santé numérique et les medtech.

Le baromètre 2024 des levées de fonds, réalisé par In Extenso Innovation Croissance, en partenariat avec Future4Care, France Angels et l’Essec Business School, révèle une résilience du secteur de la santé dans le paysage européen du capital-risque. À l’échelle du continent, les montants levés dans les start-up santé atteignent 9,2 milliards d’euros, soit une hausse de 14 % par rapport à 2023. Un chiffre d’autant plus remarquable que les investissements, tous secteurs confondus, sont en recul de 8 %.

Le continent européen donne l’élan, la Suisse dans le Top 5

L’Europe affiche une montée en puissance du financement dans la santé, avec un total de 1 004 opérations en 2024, contre 894 l’année précédente. Un rebond qui s’explique notamment par le regain d’intérêt pour la biotech avec 5,2 milliards d’euros d’investissements, les dispositifs médicaux pour 2,1 Md€ et les plateformes numériques de santé à hauteur de 1,8 Md€. L’évolution est particulièrement marquée en Suisse, qui capte près de la moitié des fonds levés sur son territoire.

France : une dynamique à deux vitesses

En France, la tendance est plus contrastée. Le pays enregistre 1,1 Md€ levés dans la santé, en recul de 15 % par rapport à l’année précédente. Le nombre d’opérations chute également de 13 % avec 114 opérations contre 131. Un ralentissement marqué par une forte baisse des séries A et B en volume comme en valeur.

Cependant, le dynamisme des activités en seed ou premier tour de table reste intact, avec des tickets en hausse, comme pour Alan (173 M€). Le secteur des biotech n’est pas en reste, Aqemia (66 M€) et Sensorion (51 M€) figurent parmi les plus belles opérations tricolores.

Les investisseurs internationaux sont attentifs, eux-aussi, à l’écosystème français

L’intelligence artificielle redessine le paysage

Le sous-secteur des biotechnologies parvient à tirer son épingle du jeu, avec 442 millions d’euros levés en 2024 en France, soit une progression de 5 %. L’une des tendances phares est l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans la découverte de médicaments. Sur ce total, 182 millions d’euros concernent des entreprises incarnant cette convergence entre IA et pharma, comme Aqemia ou Bioptimus (32 M€).

Les investisseurs internationaux sont attentifs, eux-aussi, à l’écosystème français. Au cours de l’année, 20 % des levées ont impliqué des capitaux américains (contre 24 % en 2023). Les investisseurs asiatiques, encore marginaux, voient leur part progresser et atteindre 8 %, contre 3 % l’an passé.

Santé numérique : moins de volume, mais un secteur qui se solidifie

La santé numérique et les medtech françaises enregistrent 50 opérations en 2024, contre 30 l’année précédente, soit une hausse de 67 %. Les montants totaux (446 M€) sont en léger recul, mais le secteur gagne en maturité.

Le financement se concentre autour de solutions d’IA d’aide à la décision (Qantev à 66 M€ ; Nabla à 32 M€), pour l’imagerie médicale (Raidium, AZmed, respectivement à 23 et 16 M€) ou la télésurveillance (Resilience - 40 M€). Les assureurs, notamment, commencent à structurer leur présence, comme en témoigne la levée record d’Alan s’élevant à 173 M€.

Sasha Alliel