Même s’il préserve le bâti des personnes ou des collectivités menacées par le réchauffement climatique, Ahmed Akaaboun ne se considère pas comme un "entrepreneur vert". Selon lui, s’inscrire sur le long terme est la condition sine qua non d’un bon dirigeant.
Ahmed Akaaboun, le bâtisseur de la transition
Garde d’enfants, soutien scolaire, moniteur de colonies de vacances, employé dans la restauration… Il existe de nombreux moyens de gagner un peu d’argent lorsque l’on est étudiant. Ahmed Akaaboun a opté pour une voie peu commune : créer son entreprise.
Étudiant et patron
Étudiant à Assas au début des "années Sarko", il constate que la question de la transition écologique est présente dans toutes les bouches, notamment lors du Grenelle de l’environnement, moins dans les actes. Il lance alors sa première société, baptisée Greenface. Le concept ? Rénover les bâtiments de manière écologique, par exemple avec de la peinture sans émission. "Il y avait un besoin et la France était très en retard par rapport au reste de l’Europe, qu’il s’agisse des pays germaniques, scandinaves ou de l’Espagne", se souvient-il.
La première année, sa société réalise 72 000 euros de CA. De quoi donner envie de tout plaquer pour se lancer à plein temps ? Non. "J’avais le désir de décrocher un diplôme, j’ai poursuivi jusqu’au master 2", explique Ahmed Akaaboun.
Croissance patiente
Diplôme en poche, il se lance pleinement dans l’entrepreneuriat et continue à faire croître sa société. Sa méthode? "S’entourer des bonnes personnes, ne jamais succomber à la folie des grandeurs, gagner peu à peu de l’assurance et de la légitimité, aller sur le terrain, faire en sorte d’être perpétuellement rentable".
Petit à petit, les affaires sont florissantes. Aujourd’hui, Ahmed Akaaboun est à la tête d’AccesSol, devenu un acteur majeur dans la rénovation des bâtiments sinistrés. Le groupe compte plus de 400 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 102 millions d’euros. Son fondateur le décrit comme "une maison mère" au sein de laquelle sont intégrées plusieurs entités spécialisées dans une compétence précise (consolidation des sols, ingénierie, fondations spéciales…).
Dès sa première année d’études, il constate que la question de la transition écologique est «présente dans toutes les bouches, moins dans les actes»
De quoi faire d’AccesSol un « acteur tout-terrain » et de proposer un modèle de croissance "hyper scalable", se réjouit-il non sans fierté de compter son premier bébé, Greenface, dans cet écosystème.
Tout-terrain
AccesSol est présent sur tous les fronts. Son dirigeant explique travailler pour "préserver le bâti des personnes dont le logement est touché par la sécheresse, comme dans le Gers". Parmi les autres chantiers menés à bien, des lignes de tramway, mais aussi des monuments historiques comme des châteaux. Les clients peuvent être des particuliers, des assureurs, des bailleurs sociaux, des fondations, mais aussi les majors du bâtiment qu’Ahmed Akaaboun considère "davantage comme des partenaires que comme des concurrents".
Pour autant, il ne revendique pas d’être un patron spécialisé dans la transition écologique. Selon lui, c’est un pléonasme : "À mon sens, chaque entrepreneur doit être au service de la croissance durable, ce qui suppose de mettre au cœur de son business model les questions liées à l’écologie ou à l’environnement."