Selon le groupe Française de l’énergie, il pourrait s’agir de l’une des plus abondantes réserves naturelles du gaz au monde.

En France, on n’a pas de pétrole, mais a priori, on a de l’hydrogène ! C’est la conclusion d’une campagne de prospection menée depuis plusieurs années dans l’Est de la France. Si l’existence de gisements dans la région était soupçonnée depuis un moment, l’ampleur de la découverte a de quoi surprendre. Selon les évaluations du CNRS, ce gisement représenterait 34 millions de tonnes d’hydrogène natif, soit le plus important jamais découvert pour ce gaz.

Le forage de plus de 3600 mètres de profondeur a été réalisé à Pontpierre, en Moselle, et confirme donc la présence de larges quantités d’hydrogène blanc. Présent sous forme native, ce dernier ne nécessite pas d’énergie pour être produit et est donc plus intéressant écologiquement que l’hydrogène gris (produit à partir de gaz naturel) ou même vert (produit à partir d’énergies renouvelables). Si la découverte a été faite sur le territoire français, ce gisement dépasse les frontières et s’étend en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg.

Un enjeu européen

S’il est exploité, ce gisement offre des perspectives d’indépendance énergétiques inédites pour la France et une partie de l’Europe. Le projet Regalor 2 dont est issue cette découverte implique également plusieurs industriels majeurs pour continuer la prospection, et surtout mettre au point des méthodes d’extraction efficaces.

Une découverte prometteuse qui aidera peut-être à relancer une filière hydrogène qui n’a pas réussi à décoller, malgré les grandes espérances qu’elle avait suscitées. Doublée par des véhicules électriques plus efficaces et moins chers, la filière de la mobilité hydrogène, en particulier grand public, est en état de mort cérébrale. Les espoirs se portent désormais plus sur les usages industriels et à destination des transports lourds, notamment maritime et aérien.

François Arias