Le Premier ministre a annoncé une série de mesures pour relancer la construction de logements et faire repartir un secteur moribond, pourtant vital à l’économie.

En crise profonde depuis plusieurs années, le secteur de la construction attendait avec impatience l’annonce d’un véritable plan de relance qui, plombé par l’instabilité gouvernementale, ne s’est jamais véritablement matérialisé.

Alors que le budget vient d’être adopté par 49.3, c’est donc au tour de Sébastien Lecornu de s’atteler au sujet, avec l’annonce le 23 janvier d’un plan "Relance logement".

Son objectif principal : la construction de 400 000 logements par an, avec pour objectif d’arriver à 2 millions de plus d’ici à 2030. Pour l’année 2026, l’État compte donc de faire sortir de terre 125 000 logements sociaux et près de 50 000 de plus issus de l’investissement locatif privé. Resteraient environ 225 000 logements pour l’accession à la propriété cette année.

Un nouveau statut de "bailleur privé"

Si les objectifs sont clairs, c’est surtout du côté des moyens que le gouvernement était attendu au tournant. Outre une enveloppe de 500 millions supplémentaires pour les bailleurs sociaux, le nouveau statut de bailleur privé devrait retenir les attentions. Visant les particuliers souhaitant investir, ce nouveau statut propose un certain nombre de réductions d’impôts visant à atténuer la fiscalité liée à ces investissements, ou, dans certains cas, à la faire disparaître.

Dans les détails, il apparaît que l’amortissement peut atteindre les 12 000 euros par an, tandis que 10 700 euros supplémentaires peuvent être déduits des autres revenus du foyer. En contrepartie, le bailleur doit respecter une série de conditions relativement strictes : 9 ans de location en résidence principale, et le respect de plafonds de loyers ("intermédiaires", "sociaux" ou "très sociaux"). Pas question non plus de tenter de contourner en louant à un membre de la famille, sous peine de perdre l’avantage fiscal. Le but est ainsi d’inciter à la construction en abaissant le seuil de rentabilité de ce type d’investissement.

La simplification au menu

Le second volet du plan s’adresse lui plus aux élus et promoteurs, avec une série de "simplifications" annoncées. Il est ainsi question d’accélérer la transformation de bureaux en logement, la rénovation énergétique ou encore de sécuriser les bailleurs face aux impayés. Une simplification du droit de la construction et de l’urbanisme "pour rapprocher la prise de décision du terrain" a également été annoncée. Des annonces de principes qui ne sont pour le moment pas détaillées, mais qui devraient passer par un "mégadécret". Dans son communiqué, le Premier ministre évoque que "des outils seront mis à la disposition des maires qui en feront la demande pour accélérer les projets dans des zones qui connaissent des dynamiques singulières économiques, démographiques".

Les réactions des professionnels du secteur sont plutôt positives

Des professionnels satisfaits

Du côté des réactions des professionnels du secteur, elles sont plutôt positives. Ainsi, la FPI France "se félicite de l’écoute du Premier ministre et du gouvernement", ajoutant cependant que des ajustements supplémentaires seront nécessaires en ce qui concerne le parc ancien. Même son de cloche du côté de l’Alliance pour le logement, qui salue au passage "l’engagement de Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, pour porter, dans le cadre du budget 2026, des mesures relatives au logement social et au logement privé".

S’il semble donc satisfaire les professionnels, il va cependant falloir attendre avant de pouvoir évaluer les effets de ce plan, alors que les présidentielles se profilent à l’horizon et que la stabilité gouvernementale est loin d’être garantie.

François Arias