Le gestionnaire d’actifs canadien met la main sur un joyau de l’immobilier parisien. La société SGM, cofondé par Frédéric Merlin, qui a racheté le fonds de commerce du BHV en 2023, "poursuivra l’exploitation du BHV et le développement du grand magasin", précise un communiqué du groupe Galeries Lafayette.

C’est probablement l’un des feuilletons de l’immobilier parisien qui a connu le plus de rebondissements, mais le bâtiment abritant le BHV a finalement été cédé par le Groupe Galeries Lafayette plus de deux ans après la signature d’une première promesse de vente avec le groupe SGM, qui avait déjà racheté le fonds de commerce et exploitait ce lieu historique du shopping parisien.

Entre-temps, la décision de SGM d’accueillir en ses murs Shein – le leader chinois de l’ultra fast fashion polluante et de mauvaise qualité – avait fait voler en éclat ces projets. La levée de boucliers avait été immédiate, une vague de fournisseurs annonçant la fin de la collaboration avec l’entreprise, et surtout des soutiens institutionnels qui avaient fondu comme neige au soleil. Ainsi, la Banque des Territoire, entité de la CDC, avait arrêté de soutenir les projets de la SGM.

Autant dire que le plan initial du rachat des murs était sévèrement compromis. Il fallait donc trouver un nouvel acheteur pour le bâtiment estimé à 300 millions d’euros. C’est le fonds canadien Brookfield Asset Management qui a finalement été retenu, ce qui devrait garantir la « logique de continuité et de partenariat » avec la SGM. Parmi les autres parties intéressées, la ville de Paris était tentée à l’idée de transformer le bâtiment voisin en logement sociaux, ce qui aurait mis fin aux activités commerciales du lieu.

Si la question des murs du BHV semble donc réglée pour le moment, le magasin lui-même devra réussir à naviguer à travers une période particulièrement agitée de son histoire.

François Arias