La rémunération des CEO du SBF 120 prend de plus en plus en compte des critères environnementaux, révèle une étude dévoilée en avant-première par Décideurs Magazine.
SBF 120 : les CEO récompensés pour leurs bonnes pratiques environnementales
Les nombreuses voix déplorant le greenwashing utilisent bien souvent l’argument suivant : "Les initiatives mises en place par les entreprises sur le plan environnemental ne sont que de la communication, les dirigeants n’ont rien à y gagner financièrement". La cinquième édition du baromètre "Le climat dans la politique de rémunération des CEO du SBF 120" montre que le cliché est éculé. Voici les principaux enseignements à tirer de ce travail mené par l’Institut français des administrateurs, Chapter Zero France et Ethics & Boards.
L’environnement ? Les CEO y gagnent !
En 2025, 92 % des sociétés du SBF 120 ont intégré au moins un critère climat-environnement dans la rémunération variable de leurs dirigeants. Les objectifs peuvent être atteignables le court et le long terme. Pour éviter les effets d’annonce, ils doivent impérativement pouvoir être quantifiés. Le rapport d’étude recommande ainsi de "sélectionner des critères significatifs, alignés sur la stratégie de l’entreprise, mesurables et vérifiables". Fort bien. Mais quels sont les KPI les plus utilisés ?
En 2025, 92 % des sociétés du SBF 120 ont intégré au moins un critère climat-environnement dans la rémunération variable de leurs dirigeants
Quels critères sont pris en compte ?
Les auteurs de l’étude notent que l’indicateur dominant est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, intégré dans 66 politiques de rémunération de long terme et 60 de court terme. Cependant, d’autres critères connaissent une "progression significative". Parmi eux, l’efficacité énergétique et la part d’énergies renouvelables gagnent du terrain dans les variables de court terme.
Une accélération de la prise en compte de critères liés à la biodiversité et à la préservation des ressources naturelles est également à noter. Ces indicateurs figurent par exemple dans 16 critères quantitatifs de long terme en 2025, contre seulement 5 l’an dernier.
Savoir-faire et faire savoir
Concernant les stratégies environnementales des dirigeants, il existe un autre cliché en vogue : les entreprises ont tendance à surcommuniquer. Une idée que l’étude infirme, puisque seules 44 sociétés ayant des objectifs climat-environnement ont communiqué sur les résultats de leurs plans de long terme arrivés à échéance en 2024. Cela reste bien plus que le chiffre de 24 mesuré l’année dernière.
Plus précisément, pour reprendre les termes du document officiel : "24 sociétés ont publié leur niveau de réalisation spécifique sur les émissions de gaz à effet de serre contre 7 l’année précédente. Le taux moyen de réalisation de l’objectif GES s’établit à 97 %, un niveau stable par rapport à l’an dernier". Le taux global de réalisation de tous les critères baisse à 80 %.
Lucas Jakubowicz