À l’occasion du Green Postal Day, célébré le 18 septembre, les opérateurs postaux du monde entier ont dressé un bilan encourageant de leur action climatique.

Depuis 2008, les émissions de plus de 31 millions de tonnes de CO₂ ont été évitées. Un volume équivalent au retrait de près de 6,7 millions de voitures de la circulation pendant un an. Derrière ces chiffres, un secteur en pleine mutation tente de concilier croissance du e-commerce et réduction de l’empreinte carbone.

Une mobilisation internationale

Lancé par l’International Post Corporation (IPC), le Green Postal Day est devenu le rendez-vous annuel pour mettre en valeur les efforts de durabilité du secteur. Longtemps centrés sur la réduction des émissions du "dernier kilomètre", les opérateurs veulent désormais s’attaquer à la partie la plus lourde de leur empreinte : le transport longue distance, encore très dépendant des énergies fossiles.

Les engagements pris sont ambitieux. D’ici la fin de la décennie, les postes mondiales visent 75 % d’énergie renouvelable dans leurs bâtiments, une flotte comptant au moins 50 % de véhicules à carburant alternatif (dont 25 % électriques), 50 % d’emballages durables et 75 % de déchets recyclés ou réutilisés. Des jalons qui doivent permettre de se rapprocher du "zéro émission nette".

La Poste française en première ligne

En France, La Poste fait figure de pionnière. L’entreprise s’est engagée à réduire de moitié, d’ici 2030, les kilomètres parcourus par ses poids lourds en recourant à des carburants bas-carbone. Pour le dernier kilomètre, elle déploie une flotte de véhicules électriques, de vélos cargos et teste de nouvelles pistes.

En 2024, Strasbourg a ainsi vu naître une expérimentation originale : le transport de colis par tramway, en partenariat avec Alstom et l’Eurométropole. Autre initiative prévue pour 2026 : l’acheminement fluvial de colis entre Gennevilliers et Boulogne-Billancourt via une barge codéveloppé avec Fludis. Ce système doit permettre d’économiser l’équivalent de 200 000 kilomètres routiers chaque année.

Ces efforts portent leurs fruits. En 2024, La Poste a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 6,8 %. L’entreprise vise désormais le "zéro émission nette" à l’horizon 2040, un objectif validé par l’initiative Science-Based Targets. Pour s’y tenir, elle s’est dotée d’un budget carbone qui oriente désormais ses choix stratégiques.