La Chine relève à bras-le-corps le défi de la transition écologique. Une bonne nouvelle pour la planète ? Sûrement. Une bonne nouvelle pour son économie ? Certainement. Face à une Europe timorée et des États-Unis dont le gouvernement climato-sceptique empêche le développement de la green tech, Xi Jinping peut sourire.
La Chine baisse ses émissions de CO2... et son économie croît
Lorsque l’on pense à des images illustrant la croissance économique chinoise, ce sont souvent des fumées de charbon, des usines où fourmillent des milliers d’ouvriers exploités, des villes polluées et des habitants suffocants qui nous viennent à l’esprit. Et si cela était une illustration du passé ?
Ce printemps, le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur a publié une bonne nouvelle, passée trop inaperçue. Les émissions de CO2 de la Chine au premier semestre 2025 sont en baisse de 1,6 % par rapport au premier semestre 2024. Tout cela alors que la demande d’énergie est en hausse de 2,5 % sur la même période et que l’économie continue à se développer.
La raison est simple : le pays a mis en place une politique extrêmement volontariste en matière de transition écologique. Ainsi, son territoire recense déjà 56 réacteurs nucléaires et 46 devraient voir le jour dans les dix ans, donnant à la superpuissance le plus grand parc du monde. Sur l’énergie éolienne et solaire, le pays dirigé par Xi Jinping a pris de l’avance et possède désormais plus de capacités que les autres nations réunies.
Au premier trimestre 2025, les émissions de CO2 de la Chine sont en baisse de 1,6 % et son économie est en croissance
Ses entreprises actives dans la technologie verte sont les plus importantes et les plus innovantes du monde. Les Occidentaux commencent à connaître le constructeur de voitures électriques BYD qui est en train de supplanter Tesla. D’autres, comme XPeng ou MG, partent à la conquête du monde après avoir fait leurs armes sur un marché local qui sera de plus en plus dur à pénétrer pour leurs concurrents européens, les américains et les japonais. De même, quatre des cinq plus grands fabricants de turbines éoliennes viennent de l’empire du Milieu (Goldwind, Envision, Windey, MingYang). Celui-ci règne également en maître sur le marché des panneaux solaires avec des sociétés telles que Solar Technology, Jinko, Trina Solar.
Le réchauffement climatique étant une réalité, la Chine a pris le problème à bras-le-corps. Une bonne nouvelle pour la planète ? Sûrement. Une bonne nouvelle pour son économie ? Certainement. Face à une Europe timorée et des États-Unis dont le gouvernement climato-sceptique empêche le développement de la green tech, Xi Jinping peut sourire. On comprend mieux pourquoi il assure que "sa détermination ne variera pas, quelle que soit l’évolution de la situation internationale".
Lucas Jakubowicz