Le géant de la batterie européenne dépose le bilan, la société n’a pas tenu face à la concurrence asiatique.

Créé en 2015 par un duo d’ex-employés de Tesla, Northvolt projetait dès ses débuts de devenir une option alternative européenne aux batteries asiatiques, omniprésentes dans les voitures électriques. Une initiative qui collait pleinement aux ambitions européennes d’autonomie stratégique sur le sujet. En dix ans, la compagnie a ainsi levé près de 12 milliards d’euros, notamment auprès de grands groupes comme Volkswagen et Volvo, et embauche plus de 5 000 employés. Une fois leur première « gigafactory » inaugurée en Suède en 2021, les projets d’ouverture de sites se multiplient en Allemagne, en Suède et même au Québec, où une usine d’une superficie de 172 hectares devait sortir de terre en 2024.

Un contexte de plus en plus tendu

Reste que, malgré des débuts tonitruants, le marché a bien changé. L’adoption des véhicules électriques en Europe se fait plus lentement que prévu, les aides gouvernementales fondant comme neige au soleil. En parallèle, la Chine ne s’est pas endormie sur ses lauriers et a investi massivement dans ses capacités de production. Et comme elle l’a fait avec l’industrie du solaire, elle inonde le marché de ses produits de grande qualité vendus à des tarifs défiant toute concurrence. Ajoutez à cela des soucis techniques chez Northvolt qui ont retardé la montée en puissance de la production et vous obtenez des annulations de commande massives des constructeurs automobiles. BMW a ainsi renoncé à un achat de 2 milliards d’euros.

Résultat, voilà plusieurs mois que la société est dans la tourmente, allant même jusqu’à placer sa filiale nord-américaine sous le régime des faillites et à remplacer ses dirigeants. Des efforts qui n’auront pourtant pas suffi, puisque Northvolt annonce aujourd’hui se placer sous le régime des faillites. Reste maintenant à voir quel sera le coup social et qui reprendra les outils de productions. Il y a fort à parier que les seuls acteurs à même de se positionner seront chinois.

La faillite de Northvolt constitue donc un signe de plus de l’échec de la politique industrielle européenne en matière de production indépendante des matériaux nécessaires à la transition écologique. Après l’abandon de la filière solaire l’été dernier, il est à craindre que l’industrie de la batterie soit la prochaine sur la liste. Et ce ne sont pas les récentes réductions de postes du français ACC sur son site de Gironde qui vont nous rassurer…

François Arias