Ÿnsect, l’ancienne pépite de la French Tech spécialisée dans la production de protéines à base d’insectes destinées à la consommation animale et humaine, a poussé son dernier râle. En proie à des difficultés croissantes depuis plus d’un an, le tribunal de commerce d’Évry a finalement prononcé sa liquidation.

Le ver a fini par dévorer le fruit. Après avoir été placée en procédure de sauvegarde en septembre 2024, puis en redressement judiciaire en mars 2025, Ÿnsect n’aura pas réussi à trouver de repreneur et a fini par jeter l’éponge. Avec cette liquidation, 43 salariés se retrouvent sur le carreau.

Sursis financier en avril

La start-up avait pourtant obtenu deux rallonges financières successives de la part de ses investisseurs historiques au printemps et à l’automne 2025. Elle avait également changé de visage en avril avec l’arrivée d’un nouveau CEO, Emmanuel Pinto, associé chez Dirigeants & Investisseurs, une structure spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises en difficulté. L’objectif était alors de recentrer l’activité vers un modèle économique plus simple et moins automatisé, en supprimant au passage 137 postes sur les 200 que comptait la société.

Faible maturité du marché

Cela n’aura pas suffi. Si, en mars 2025, plusieurs candidats repreneurs s’étaient manifestés auprès de l’administratrice judiciaire Hélène Bourbouloux pour tenter de faire revoler Ÿnsect, la faible maturité du marché, la forte concurrence internationale et les dettes importantes liées à l’échec de son usine de Poulainville auront eu raison de leurs ambitions.

Dans un communiqué, Emmanuel Pinto plaide pour une reprise de certains actifs : "Nous espérons que les grandes compétences techniques et industrielles développées par les équipes d’Ÿnsect, ainsi que les relations commerciales établies, trouveront un usage productif et pourront contribuer utilement à la fois à l’indépendance protéique de l’Europe et à la lutte contre le changement climatique." L’occasion, peut-être, pour que le naufrage de l’ancien fleuron de la French Tech ne soit pas vain et alimente la réussite d’autres projets européens.

Tom Laufenburger