Avec ses SUV, G6 et G9, complétés par l’arrivée d’une berline, la P7+, XPeng mise sur l’électrique. Bien que la fiscalité n’avantage pas cette marque chinoise, sa technologie et son rapport prix-équipement lui assurent une croissance auprès des entreprises, nous explique Olivier Presse, directeur des ventes France.
Olivier Presse (XPeng) : "Si j’ai un véhicule qui permet d’être rechargé en douze minutes, il n’y a pas besoin d’hybridation"
Décideurs. Comment évolue XPeng en France depuis deux ans ?
Olivier Presse. Il y a eu une explosion de la notoriété au Mondial 2024 et nous avons réalisé 511 ventes. L’année dernière, nous avons atteint 3 300 immatriculations. Cette année, nous avons l’ambition de livrer 6000 voitures. Notre réseau va passer de 85 à une centaine de concessionnaires, d’ici fin 2026. Autre levier de croissance l’arrivée de nouveaux modèles en fin d’année.
Comment vous accueillent les entreprises ?
Nous vendons environ un tiers de G6 aux sociétés. Avec G9, c’est au moins deux tiers des ventes aux professionnels. Le client du G9 est un mono-possesseur, patron d’entreprise, qui a compris qu’il peut se faire plaisir avec un produit exceptionnel pour la moitié de ce qu’il aurait payé pour des marques historiques.
Ressentez-vous une réticence, en tant que marque chinoise ?
À force de leur répéter que les Chinois ont la maîtrise de la chaîne de traction électrique, les clients viennent nous voir. Même s’il y a encore des interrogations sur l’offre chinoise en Europe, quand on leur fait essayer les véhicules, cela neutralise les questions. Nos prestations sont au niveau du premium avec un prix hyper compétitif et un concentré de technologie.
Pourquoi ne proposez-vous pas d’hybrides dont les entreprises apprécient l’autonomie ?
Parce que nous avons une super alternative en électrique. 400-600 km d’autonomie, tout le monde sait le faire aujourd’hui. L’enjeu se situe désormais sur le temps de recharge. Quand il vous faut 45 à 50 minutes, vous conservez une hybride pour assurer votre mobilité. Mais nos véhicules se rechargent en douze minutes, donc il n’y a pas besoin d’hybridation.
Un G6 accepte 450 kW et un G9, 525 kW, alors que la concurrence plafonne généralement autour de 200 kW.
Cependant, peu de bornes exploitent cette capacité…
On commence à trouver du 400 kW, voire du 600 kW sur les autoroutes. D’ici deux ans à trois ans, on trouvera davantage du 600 kW et sans doute du 1000 kW, voire au-delà.
Nous serons capables d’aller chercher cette puissance. La valeur résiduelle de nos véhicules dépend d’ailleurs de cette meilleure vitesse de charge. C’est également un avantage de coût pour les professionnels. Par ailleurs, notre technologie fait la différence, qu’il s’agisse de l’OS à l’intérieur du véhicule ou des mises à jour à distance. Elles apportent de nouvelles fonctionnalités, permettant au véhicule d’évoluer dans le temps.
Les valeurs résiduelles dépendent également de la confiance dans la marque ?
Nous sommes présents en France depuis deux ans seulement, mais la marque est bien implantée en Norvège et au Danemark, où le G9 s’impose comme un leader de son segment. Autre gage de crédibilité : Volkswagen a pris un peu moins de 5 % du capital de XPeng. En Chine, ses modèles sont vendus avec la technologie XPeng, à la fois sur la chaîne de traction et sur l’OS. Enfin, nos tarifs ne font pas le yoyo, car il n’y a rien de pire pour tuer ses valeurs résiduelles.
En revanche, vos modèles ne bénéficient pas de l’écoscore?
C’est un handicap de ne pas être écoscorés, mais nous avons la meilleure technologie disponible sur le marché. Nous allons voir des clients moins sensibles à l’écoscore, qui jouent davantage sur le rapport prix-équipement. Certes, la fiscalité peut être un peu plus élevée, mais le coût de détention reste exceptionnel.
Par ailleurs, aucun concurrent direct du G9 n’est écoscoré parce que le poids est assez sensible. Enfin, notre nouvelle P7+, qui est une berline avec une pénétration dans l’air et une consommation inférieures à celles d’un SUV, apporte une meilleure efficience. Pour les flottes, cela a du sens
Propos recueillis par Jean-Philippe Arrouet