Si les données optimisent les prises de décisions opérationnelles, le CDO accélère l’adoption d’une "culture de la donnée", selon Stéphane Rousseau, CIO d’Ingenico, un des leaders des solutions de paiement dans le monde. Pour ce membre du Cigref, le réseau qui se donne pour mission de maîtriser au mieux le numérique, rien de tel pour perdurer dans l’écosystème toujours plus digital et concurrentiel de l’industrie du paiement. 

Décideurs. À partir de quel moment une société doit-elle se munir d’un CDO ?

Stéphane Rousseau. Un CDO est le garant de la qualité, de la sécurité des données ainsi que de l'éthique de leur utilisation. Aujourd'hui, ce poste devient indispensable dès le lancement d’une entreprise, d’autant plus à l'heure de l'IA. Dans le secteur du paiement, où les volumes de données et les normes de sécurité sont élevés, le rôle du CDO est essentiel à la structuration et la valorisation des données. Il inclut également les enjeux de conformité et d’innovation adaptés aux besoins du marché. 

Pouvez-vous présenter un cas d’usage de valorisation de la donnée dans votre entreprise ?

À partir de modèles d’IA, nous utilisons l’analyse prédictive pour optimiser la gestion des fraudes. Ce processus prévient les activités frauduleuses et améliore l’expérience client en évitant les "faux positifs" [transaction légitime reconnue à tort comme frauduleuse, ndlr] et en renforçant la confiance dans nos services. 

"L'intelligence artificielle de 2025 agit davantage sur ce que les clients ressentent plutôt que sur ce qu’ils voient"

Comment vous saisissez-vous de l’IA en général ?

L'intelligence artificielle de 2025 agit davantage sur ce que les clients ressentent plutôt que sur ce qu’ils voient. Son rôle est de supprimer les frictions, en prédisant les besoins et en exécutant discrètement des opérations complexes en arrière-plan. Au-delà de notre activité première dans le domaine du paiement, notre ambition est de devenir un acteur de référence en matière de gestion des données et d’intelligence numérique.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées en matière de valorisation des données ?

L’absence de gouvernance des données peut rendre leur gestion plus complexe. Il est nécessaire d’intensifier les actions qui visent à mieux les structurer, les harmoniser et les exploiter de façon à maximiser leur valeur ajoutée et soutenir pleinement les objectifs stratégiques de l’entreprise.

Un chiffre clé qui illustre votre bonne valorisation de la donnée :

15% des collaborateurs d’Ingenico utilisent quotidiennement les données mises à leur disposition, notamment pour produire des KPI.

 

Propos recueillis par Léa Pierre-Joseph