Eric Sommervogel (Crédit agricole) : promoteur des données de paiement
Décideurs. Selon vous, à quel moment une société doit-elle se munir d’un CDO ?
Eric Sommervogel. Dès qu’elle a une empreinte numérique, ce qui l’inscrit immédiatement dans le monde d’aujourd’hui. Pour autant, si le rôle doit être assumé, il n’est pas forcément nécessaire qu’il constitue immédiatement un emploi à plein temps. Néanmoins, lorsque la composante numérique de l’activité devient stratégique, ce n’est plus une option. Un CDO doit ensuite constituer un réseau de relais composé de data owners et de data stewards qui constitueront les chevilles ouvrières de la gouvernance.
Au sein de votre entreprise, avez-vous un cas d’usage de valorisation de la donnée à nous partager ?
Un cas intéressant est à mentionner. Il nous a été soumis par les équipes fiduciaires, en charge de la gestion des espèces et de l’optimisation du maillage territorial pour le retrait et le dépôt d’argent liquide. Un enjeu d’envergure alors que les moyens de paiement se diversifient et amènent à une moindre circulation des billets. L’analyse de nos données, couplée à des informations issues de l’open data, a permis d’identifier un réseau plus efficace. Nous sommes ainsi parvenus à réduire nos coûts de fonctionnement sans détériorer notre offre de service vis-à-vis de nos clients finaux.
"Un CDO doit ensuite constituer un réseau de relais composé de data owners et de data stewards qui constitueront les chevilles ouvrières de la gouvernance"
Quelle satisfaction particulière trouvez-vous dans votre rôle de CDO ?
Voir les sources indiquées par écrit dans les slides des présentations ! Cela peut paraître anecdotique, mais pour moi cela signifie que la culture de la donnée est en train de s’ancrer dans l’organisation. C’est aussi un levier de confiance. Quand vous présentez une donnée avec une source explicite, vous pouvez vous concentrer sur les décisions à prendre. Et c’est exactement le rôle des données dans une organisation : éclairer les choix.
À partir de vos données valorisées, quels cas d’usages de l’IA s’envisagent ?
En fait, il faut avoir la réflexion inverse. Il ne s’agit pas de partir des données pour identifier des cas, mais plutôt de repérer les points de blocage pour y apporter une solution. Ils peuvent être de tous ordres : cela va, notamment, de l’insatisfaction client aux problèmes d’efficacité opérationnelle. La question est de savoir si l’IA est un outil adapté. Puis on fait ce qu’il faut pour mobiliser les données et construire les solutions permettant d’apporter une réponse satisfaisante.
Un chiffre clé qui illustre votre bonne valorisation de la donnée :
+100 % le nombre d’utilisateurs actifs de notre environnement data au cours des trois dernières années.
Propos recueillis par Sasha Alliel