Parmi les manufactures les plus respectées, Audemars Piguet célèbre cette année son 150e  anniversaire. Elle doit une grande partie de son succès à une montre révolutionnaire, née en 1972, la Royal Oak. Le premier modèle sport-chic de l’histoire de l’horlogerie moderne a redéfini les codes du luxe et de l’élégance.

C’est en 1875 que la saga Audemars Piguet débute, au cœur du petit village du Brassus perdu dans la vallée de Joux. Alors que personne n’aurait osé parier sur l’avenir de cette manufacture après les guerres mondiales de 1918 et 1945, celle-ci est pourtant restée indépendante et familiale. Aujourd’hui encore, les Audemars restent propriétaires de leur patrimoine. Et quel patrimoine! 150 ans exactement après sa création, la marque fait partie des plus importants acteurs de l’horlogerie mondiale. Une magnifique histoire qui n’aurait peut-être pas résisté à la crise des années 70 si la Royal Oak n’avait pas vu le jour. Une montre désormais hissée au rang d’icône lancée officiellement le 15 avril 1972. Audemars Piguet vient alors de connaître les vingt années de croissance les plus fortes de son histoire, bénéficiant de l’essor économique des trente glorieuses. En deux décennies, elle est passée de 35 à 84  employés, dont 67  horlogers, et a multiplié sa production par dix pour atteindre 5 500  montres par an. Son chiffre d’affaires a suivi la même progression, frôlant les 10  millions de francs suisses. À l’époque, une fortune.

Naissance d’une icône

L’entreprise est alors dirigée par Georges Golay, un entrepreneur visionnaire, homme de terrain et commercial hors pair. Il sait que le monde est en plein bouleversement, mais il rêve d’une montre révolutionnaire, de luxe, facile à porter, aussi à l’aise sur un terrain de sport qu’à l’occasion d’un dîner de gala. Il se laisse guider par son instinct. Sa collaboration avec Gérald Genta, designer de génie, est l’un de ses atouts. Celui-ci explique alors ses inspirations lorsqu’il dessine la Royal Oak : « J’ai mis un mouvement de prestige dans une boîte octogonale qui évoque un casque de scaphandrier. De plus, j’ai dessiné un bracelet intégré en métal. Le cadran est rehaussé d’aiguilles et d’index luminescents sur fond bleu cobalt. » Le résultat est beau, luxueux, portable en toutes circonstances. Gérald Genta a répondu au rêve de Georges Golay. La Royal Oak est commercialisée au prix de 3 300 francs suisses. Un prix exorbitant pour une montre en acier, plus chère qu’une montre en or. 7

Happy birthday

Aujourd’hui, la Royal Oak fait partie des montres les plus célèbres du monde et reste un pilier créatif pour Audemars Piguet. À l’occasion de la célébration des 150 ans de la manufacture, le voile est d’ailleurs levé sur une magnifique version quantième perpétuel squelette en titane de 41  mm de diamètre et proposée en édition limitée à seulement 150 exemplaires. Les collectionneurs ne manqueront pas de se l’arracher.

Hervé Borne