Lancées durant la crise sanitaire, les ventes en ligne constituent désormais un véritable levier de croissance pour Christie's. Décryptage avec Violaine d’Astorg Directrice du département Joaillerie chez Christie’s France.

Décideurs. Comment expliquez-vous le succès des ventes en ligne ?

Violaine d’Asrtorg. Tout a commencé avec le confinement, les maisons avaient du stock et il était impossible d’accueillir les clients, d’organiser des expositions et d’envoyer des bijoux à l’autre bout du monde. Nous nous sommes alors lancés dans la vente en ligne. Il fallait le faire bien, donner toutes les infos aux clients avec au moins cinq photos par lot, dont une portée. Chaque vente dure aujourd’hui dix jours, il n’y a plus de frontières, plus de fuseaux horaires, on sait qui a regardé quoi… Les ventes en ligne nous offrent un super tracking, plus rien n’est laissé au hasard. Le site est attractif, nous avons créé un service sur mesure et nous communiquons sur WhatsApp. Les ventes en ligne représentent une excellente plateforme qui fidélise une communauté. Le succès est au rendez-vous, nos chiffres ne cessent d’augmenter. Nous avons ainsi vendu 21,9 millions de bijoux sur deux ventes.

En termes de bijoux vintage signés, quelles sont les tendances du marché ?

Van Cleef & Arpels, Cartier et Bulgari sont les maisons les plus recherchées du marché. Tout le monde en veut et, en particulier, des créations des années 40, 50, 60 et 70. Je pense notamment à des sautoirs en pierres dures, des broches, des bijoux de tête… Pour une bonne affaire, il faut se tourner vers les années 80. Ce n’est pas encore très cher, par exemple, une manchette Cartier en acier et or jaune avec éléphants ou panthères.

Comment une maison comme Christie’s sélectionne-t-elle ses pièces?

Je construis mes ventes à partir de lots provenant uniquement de collections particulières. Tout au long de l’année, je sillonne la France avec ma Fiat 500, pour chercher de la marchandise. C’est mon métier depuis 15 ans. Lorsque j’ai débuté, j’ai tout de suite compris que je n’allais pas y arriver si je ne partais pas en région. Je contacte les notaires, les avocats, les antiquaires, je fais de la pub dans la presse locale, j’organise des journées d’expertises. Je suis également active sur les réseaux sociaux (@lifeofjewellery_christies). C’est une véritable chasse au trésor  ! Une chose est sûre, le nom de Christie’s est un vrai plus.

Propos recueillis par Hervé Borne