Lassés de leur classe politique, les Français semblent prêts à élire un patron à la présidence de la République. Les médias et l’opinion se tournent vers Michel-Édouard Leclerc, qui ne boude pas son plaisir. Mais se lancera-t-il dans l’arène ?

En cette fin d’année 2026, les sondages se suivent et se ressemblent. Les Français n’ont plus confiance en leurs responsables politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite. La défiance est telle que, désormais, une majorité de citoyens affirme qu’un chef d’entreprise serait plus efficace qu’un "politicien" pour diriger le pays.

"Et si c’était lui ?"

Face à ce résultat, de nombreux médias estiment que Michel-Édouard Leclerc, héritier de la chaîne de supermarchés qui porte son nom, pourrait avoir un profil intéressant et rassembleur. Le septuagénaire est docteur en sciences économiques, féru de philosophie. Il est parvenu à développer la société fondée par son père en prenant des décisions alors pionnières : fin des sacs plastiques, ouverture d’espaces culture et parapharmacie.

Se vantant de pratiquer les prix les plus bas, présent dans tous les recoins du pays, premier employeur dans certaines communes, sa popularité et sa notoriété sont des atouts potentiels. Élu à plusieurs reprises "patron préféré des Français", le natif de Landerneau n’hésite pas à prendre position dans le débat public. Ainsi, en 2025, il avait "clashé" Bernard Arnault, qui avait menacé de délocaliser certaines activités de l’Hexagone pour cause de hausse de la fiscalité. Le patron devient le "hit" du moment. L’Express titre "Michel-Édouard Leclerc  : une nouvelle ambition?", Le Point lui consacre sa une : "Et si c’était lui?", l’Ipsos le crédite de 15 % d’intentions de vote au premier tour.

Monsieur Punchlines

Michel-Édouard Leclerc se prend au jeu et commence à faire part de ses positions, notamment sur les questions budgétaires et économiques. Quotidien, CNews, BFMTV, France Inter, Le Monde, Le Figaro… Tous les médias se l’arrachent. Le dirigeant qui reste flou sur ses intentions est habile. Il parle suffisamment pour laisser planer le doute, mais évite de trop s’exprimer pour ne pas lasser. Sa parole relativement rare et sa gouaille font un tabac.

"Si je gérais mon entreprise comme la France est gouvernée, j’aurais fait faillite en deux ans"

Chacune de ses sorties est abondamment relayée, commentée et fait le buzz. Parmi ses petites phrases les plus emblématiques : "Si je gérais mon entreprise comme la France est gouvernée, j’aurais fait faillite en deux ans", "Je préfère confier Bercy à un de mes chefs de rayon qu’à un énarque", "Il est aberrant que des ministres manageant des milliers de fonctionnaires n’aient jamais managé plus de trois collaborateurs parlementaires", "Si Jordan Bardella veut visiter un hypermarché, je lui conseille notre espace culture." Certes, certains responsables politiques l’attaquent, comme le socialiste Olivier Faure qui dénonce les relations déséquilibrées avec les fournisseurs, obligeant ces derniers à se soumettre aux désirs du "Patron". "Un peu comme vous et Jean-Luc Mélenchon, c’est ça ?", lui rétorque le dirigeant…

Coup de pub géant

En février 2027, Michel-Édouard Leclerc annonce la tenue d’une conférence de presse sur le parking du supermarché de Landerneau, le premier-né du groupe. Ira ? Ira pas ? Réponse de l’intéressé : "J’ai trop à faire pour développer l’entreprise et servir mes collaborateurs." Quelques mois plus tard, les résultats annuels du groupe sont publiés. Il garde sa place de premier distributeur du pays, creuse l’écart avec Carrefour, devient l’entreprise la plus appréciée des Français.

Lucas Jakubowicz