Cote de popularité de Nicolas Sarkozy : commentaires et analyse
 Décideurs. Comment Nicolas Sarkozy est-il perçu par les Français depuis son accession à l’Élysée ? 

Frédéric Dabi.
Très rarement, dans l’histoire de la Ve République, on a vu un Président « tomber » aussi vite dans l’impopularité. Nicolas Sarkozy, à l’instar de Jacques Chirac lors de son premier mandat, connaît rapidement (dès janvier 2008) un mécontentement majoritaire. En mars, avril et mai 2011, il bat même le record d’impopularité pour un Président en exercice avec plus de 70 % d’insatisfaction, mesurée par les indices Ifop / Journal du Dimanche.
Cette impopularité est à la fois chronique et structurelle. Nicolas Sarkozy est minoritaire dans toutes les catégories sociodémographiques. Depuis février et mars 2010, Nicolas Sarkozy est même devenu impopulaire chez ceux-là mêmes qui avaient le plus favorisé son élection en 2007, à savoir les personnes âgées de 60 ans et plus. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2012, il ne rassemble que 31 % de personnes satisfaites. À la même période, Valéry Giscard d’Estaing en réunissait 41 % et François Mitterrand et Jacques Chirac, revigorés par la cohabitation, 55 %. D’ailleurs, peut-être conscient d’avoir perdu la bataille de la popularité, Nicolas Sarkozy mène une campagne sur le thème de la crédibilité.


Décideurs. Quand a eu lieu le premier décrochement dans la popularité de Nicolas Sarkozy ?

F. D.
Très rapidement, dès la fin de l’année 2007. Une lecture rapide sur la personnalité du Président et sa manière d’exercer sa fonction comme causes majeures de son recul dans l’opinion n’est pas satisfaisante et doit laisser la place à une analyse explicative de ce décrochage plus structurelle. Le rapide reflux de la popularité présidentielle est à relier étroitement à la déception des Français quant aux promesses non tenues d’une part et aux attentes relatives au pouvoir d’achat, d’autre part. Ces dimensions renforcées par le bouclier fiscal, l’augmentation du salaire du Président face aux « caisses déjà vides » et à l’« état de faillite du pays », énoncés par François Fillon font plonger dès le début de l’année 2008 Nicolas Sarkozy sous la barre des 50 % de satisfaction.
Il faut attendre juillet et août 2008 et janvier 2009, avec le sommet méditerranéen, le conflit en Géorgie, le G8 et la crise financière pour observer le premier rebond de la cote de popularité du chef de l’Etat.


Décideurs. Comment expliquer une telle chute dans les sondages, surtout après avoir été si bien élu ?

F. D.
En 2007, au premier tour de la présidentielle, François Bayrou, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy concentrent tous les trois près de 75 % des voix dans une élection où plus de 80 % de la population se sont exprimés. La première cause vient donc de cet effet d’attente très forte de la part de la population d’un renouvellement, notamment de la façon de faire de la politique. Nicolas Sarkozy parlait lui-même de « rupture ». Pourtant, ce renouvellement n’a pas eu lieu et a suscité une très forte déception. Ensuite, il convient de parler de la popularité exceptionnellement longue du Premier ministre François Fillon, symbole en creux d’une répartition inédite des rôles entre les deux têtes de l’exécutif. Beaucoup trop exposé et annonçant par exemple des mesures à la place du chef de gouvernement voire de ses ministres, Nicolas Sarkozy a lui-même alimenté son d’impopularité.
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