En renouvelant une certification et en en décrochant une seconde, le groupe présidé par Henri-Claude Oyima participe au mouvement des banques africaines vers les meilleurs standards internationaux. Une course à la conformité qui vise autant à se différencier de la concurrence qu'à s’attirer la confiance des investisseurs.
Conformité : BGFIBank entraîne les banques africaines vers les standards internationaux
Un monde de plus en plus risqué et incertain, mais des exigences de conformité de plus en plus fortes et standardisées. Ce paradoxe, c'est celui auquel font aujourd'hui face toutes les grandes entreprises internationales. Les banques n'y échappent pas, et les banques africaines encore moins, elles dont l'accès aux réseaux financiers internationaux dépend largement de la confiance accordée par les investisseurs ou les bailleurs internationaux.
Les banques africaines s'engagent contre la corruption
Comment convaincre ces mêmes acteurs d'accorder leur confiance ? Pour de plus en plus de banques sur le continent, cette quête passe par l'obtention de labels, certifications et normes diverses, qui leur permettent de démontrer que leurs dispositifs de prévention du risque financier répondent à des standards internationalement reconnus. A tel point que se joue, en Afrique, une véritable « course aux certifications » entre banques désireuses de s'imposer sur leurs marchés nationaux... et au-delà.
Après l'obtention de la certification ISO 37001 par Bank of Afrika en 2019 (renouvelée en 2022), BGFIBank Cameroun a ainsi annoncé à la fin du mois de juin dernier avoir à son tour décroché le même sésame. BGFIBank Cameroun devient en effet la première banque de la sous-région d'Afrique centrale à obtenir la certification ISO 37001, qui atteste des efforts de l'établissement en faveur de la prévention et de la lutte contre la corruption.
Pour le groupe BGFIBank, qui opère dans douze pays africains, « cette certification ISO 37001 constitue une première étape dans une démarche plus large de déploiement progressif du dispositif au sein des autres filiales du groupe, dans le cadre de sa stratégie d'amélioration continue et d'harmonisation de ses pratiques ». Et le communiqué de la banque d'insister sur son ambition de « conjuguer performance économique, responsabilité et confiance durable ».
Le coût de la conformité
Se hisser au niveau des meilleurs standards internationaux n'a cependant rien d'une formalité. De nos jours, les banques consacrent d'importants efforts et ressources, humaines comme financières, à cette seule mission. Aujourd'hui, la conformité – ou compliance en anglais – représente en effet une véritable infrastructure, avec ses équipes spécialisées AML/CFT (anti-money laundering / counter-terrorist financing), des systèmes de surveillance transactionnelle, des outils dédiés, des audits, des formations internes et des procédures de contrôle des clients et fournisseurs.
N'est donc pas certifié qui se contente d'en faire la demande. Dans son rapport d'activité 2025, l'African Development Bank détaille ainsi la manière dont elle a renforcé ses dispositifs de contrôle liés aux risques de blanchiment, de financement illicite et de corruption, avec un accent sur les procédures de due diligence, des évaluations régulières et un plan d'action AML/CFT. S'il s'agit ici d'une banque de développement et non d'une banque commerciale, cet exemple témoigne de la manière dont la conformité s'est imposée comme une fonction stratégique au sein du secteur financier africain.
Cet effort collectif et dans la durée, c'est aussi celui qu'a tenu à mettre en avant Henri-Claude Oyima, PDG du groupe BGFIBank, à l'occasion du renouvellement de la certification AML 30001 au bénéfice de BGFI Holding Corporation, BGFIBank Europe et BGFIBank Cameroun : « ces certifications ne marquent pas le début d'une démarche ; elles en constituent la consécration », a ainsi lancé le dirigeant lors de la cérémonie tenue le 25 juin dans les locaux d'Euronext, au cœur du quartier d'affaires parisien de La Défense.
Ces certifications, a poursuivi le banquier, viennent « reconnaître plusieurs années d'investissements soutenus dans la gouvernance, la conformité, la maîtrise des risques et l'amélioration continue de nos processus ». Avant d'affirmer qu' « au sein du Groupe BGFIBank, nous avons fait le choix d'inscrire durablement nos activités dans les standards internationaux les plus exigeants afin de renforcer la confiance de nos clients, partenaires, régulateurs et investisseurs ». Une manière, pour Henri-Claude Oyima, de reconnaître que la conformité n'est plus seulement un coût... mais un avantage concurrentiel à part entière.
La conformité, incontournable élément de différenciation
Car l'objectif de la conformité n'est plus tant, pour des banques confrontées au durcissement des exigences, d'éviter une éventuelle sanction ; le but est, au moins autant, de renforcer leur crédibilité auprès des investisseurs et institutions financières en apportant la preuve d'une reconnaissance externe de la robustesse de leurs contrôles et procédures internes. Et ce faisant, de prétendre à entrer dans la « cour des grands », à égalité avec les établissements les plus prestigieux et reconnus sur la place financière.