Dans le cadre du Sommet Africa Forward, le forum d’affaires Africa Forward-Inspire & Connect s’est tenu le 11 mai à Nairobi, à l’initiative de Bpifrance, Business France et Proparco. L’événement a réuni 6 000 participants et abouti à la signature de plus d’une centaine de projets. Entretien avec Arnaud Floris, directeur Afrique au sein de Bpifrance.
Arnaud Floris (Bpifrance) : "En Afrique, nous encourageons les co-investissements"
Décideurs. Comment s’est passé le forum ?
Arnaud Floris. Un événement comme celui-ci est une belle claque. Il a réuni plus de 6 000 participants sur tout le site alors que nous n’en attendions que 2 000. Des milliers de patrons avaient fait le déplacement, parmi lesquels Rodolphe Saadé (CMA-CGM), Antoine de Saint-Affrique (Danone), Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric) ou Aliko Dangote, l’homme d’affaires le plus riche d’Afrique, aux côtés de nombreux ministres et chefs d’État. À 60-70 % le public était africain. Plus de 23 milliards d’euros de projets ont été annoncés en deux jours. Il s’agit là du plus grand événement business franco-africain jamais organisé sur le continent. Celui-ci a été construit en dupliquant le principe des rencontres Inspire & Connect, qui placent tous les dirigeants au même niveau. L’ambiance était bouillonnante. Tous les secteurs étaient représentés, de l’industrie à l’agroalimentaire en passant par la culture, le sport, la finance ou les transports.
Auriez-vous des exemples de deals à nous citer ?
Le sommet a permis la signature d’une centaine de projets, parmi lesquels un contrat entre la filiale sénégalaise d’Axian, Saga Holding et Sagemcom pour l’équipement de 710 tours GSM ou encore celui entre l’entreprise familiale Matière et l’État de la Sierra Leone portant sur la livraison et l’installation d’infrastructures de franchissement pour un montant de 170 millions d’euros, afin de désenclaver le pays.
"Il faut faire preuve de beaucoup d’agilité et trouver le bon partenaire local"
Quels sont vos objectifs pour le continent ?
Nous continuons dans notre couloir de nage en travaillant à la co-industrialisation avec des centaines d’industriels africains. L’objectif est de mieux comprendre leurs besoins d’investissement et de les mettre en relation avec des entreprises françaises. Nous encourageons aussi les co-investissements, notamment dans l’agroalimentaire, un secteur sur lequel la France a une forte valeur ajoutée, à travers des contrats compris entre 1 et 5 millions d’euros.
Quelles sont les particularités du marché africain qui nécessitent un accompagnement spécifique des entreprises françaises ?
Je vais vous répondre avec ma casquette Team France Business. Nous faisons du coaching de manière ciblée. Nos parcours business internationaux aident les entreprises françaises sur le continent. Nous les sélectionnons et les accompagnons à travers des accélérateurs pendant neuf mois pour une mission sur un pays ciblé. Il n’existe pas vraiment de spécificité du marché africain. Il faut en revanche faire preuve de beaucoup d’agilité et surtout trouver le bon partenaire local qui compte presque pour 100 % de la réussite des exportations et du développement. Ensuite, nous accompagnons les entreprises sur les questions de financement et de gestion des risques associés.
Propos recueillis par Olivia Vignaud