Le Coq Sportif trouve un nouveau souffle. L’homme d’affaires Dan Mamane a finalisé l’acquisition de l’équipementier sportif placé sous procédure de redressement judiciaire à l’automne dernier. Il apporterait 70 millions d’euros d’argent frais selon le jugement.
Le Coq Sportif change de main
Créé en 1882, Le Coq Sportif s’est imposé comme une marque de référence dans l’univers du sport, en France comme à l’international. Partenaire historique de nombreuses fédérations sportives, l’entreprise a vu sa trajectoire fragilisée par des difficultés financières majeures – un endettement aux alentours de 60 à 70 millions d’euros –, l’amenant à solliciter la protection du tribunal de commerce de Paris en novembre 2024.
La procédure d’observation visait à préserver les 308 emplois du site de Romilly-sur-Seine et à structurer une solution de reprise. Un financement d’urgence, adossé à une fiducie-sûreté sur les actifs français et internationaux, a permis d’assurer la continuité d’exploitation pendant six mois. À l’issue d’un processus concurrentiel, le tribunal a validé l’offre de Dan Mamane avec l’accompagnement exclusif de Clearwater x Vulcain, soutenue par un plan de recapitalisation et une restructuration de la dette. Ce plan de retournement prévoit l’injection de capitaux frais, un assainissement du bilan et un pilotage renouvelé de la marque.
Une nouvelle gouvernance
Alexandre Fauvet, nouveau CEO et ancien dirigeant de Lacoste, aura pour mission de consolider les partenariats historiques, d’explorer de nouveaux relais de croissance et de repositionner la marque sur le segment premium à l’international. Udi Avshalom, ancien COO d’Adidas, occupera le poste de Brand Strategic Advisor Global. Pour Dan Mamane, cette opération s’inscrit dans la continuité d’un parcours entrepreneurial marqué par des investissements dans des sociétés industrielles à fort potentiel, comme Conforama Suisse ou la marque de textile Ogier.
En favorisant l’entrepreneur suisse, le tribunal de commerce choisit d’écarter la proposition de reprise de Xavier Niel, associé au judoka Teddy Riner. Tous deux étaient soutenus par la société d’investissement Neopar et le groupe américain Iconix.
Lucas Simonnet