En 2024, Romain Afflelou, fils d’Alain Affelou et ancien CEO de son family office, et Pauline Bovyn lançaient Yaday. Une société de capital-risque qui cherche à lever son premier fonds de 100 millions d’euros afin d’investir dans les entreprises de l’IA appliquée.

La veille de VivaTech, l’événement annuel consacré à l’innovation technologique, Yaday annonçait officiellement le lancement d’une levée de 100 millions d’euros pour son premier fonds. La structure d’investissement créée en 2024 par Romain Afflelou et Pauline Bovyn, vise un closing de 30 millions d’euros d’ici à la fin de l’année. Les deniers seront dirigés vers des entreprises de l’IA appliquée. Le profil des investisseurs appelés à rejoindre le duo ? "Ceux qui partagent notre vision et nos valeurs, explique Pauline Bovyn. S’inscrivant dans la continuité du family office de la famille Afflelou, nous allons non seulement nous tourner vers des family offices mais aussi vers des corporates. C’est-à-dire des investisseurs qui ont une expertise sectorielle qu’ils pourront vraiment partager avec les start-up."

Dans la continuité

Romain Afflelou et Pauline Bovyn se sont rencontrés à Londres. Romain, qui a commencé au sein d’Afflelou, où il a notamment été en charge de la stratégie digitale, s’attache depuis une quinzaine d’années à soutenir des entreprises. D’abord en qualité de business angel puis en tant que CEO du family office fondé par son père et ses frères. "J’ai toujours voulu investir dans le futur, dans les dernières innovations du quotidien", relate-t-il. En dix ans, la structure a pris 140 participations, dans différents secteurs, plus de la moitié en Europe, le reste étant réparti entre les États-Unis et le Moyen-Orient. Quant à son associée, Pauline Bovyn, elle a œuvré trois ans au sein du family office Afflelou après avoir travaillé en stratégie, marketing, développement commercial et investissement, notamment chez TotalEnergies.

Prisme entrepreneurial

Tous deux partagent l’ambition d’investir de manière transversale dans l’IA appliquée. Ce qui les différencie d’autres fonds ou family offices ? "Nous avons un prisme entrepreneurial très fort. Grâce à la force de notre réseau, nous connectons les entreprises que nous accompagnons avec d’autres entrepreneurs, des corporates et des LPs qui donnent de leur temps et leur savoir-faire pour accélérer leur développement", explicite Romain Afflelou. Afin de répartir les risques, les fonds seront investis à 70 % en direct dans des entreprises en croissance B2B qui placent l’IA au cœur de leur modèle économique. Montants des tickets : entre 500 k et 2,5 millions d’euros. Les 30 % restants alimenteront des fonds partenaires afin de multiplier les opportunités d’investissement et de générer des synergies.

Yaday est rejoint par la scientifique Aurélie Jean, en tant qu’advisor stratégique 

Yaday est rejoint par la scientifique Aurélie Jean, en tant que "scientific advisor". "Elle va notamment nous aider à mieux comprendre la technologie qui s’applique derrière les solutions d’IA développées par les start-up pour bien identifier les cas d’usage qui, pour certaines entreprises, peuvent avoir d’autres applications dans différentes industries", poursuit Pauline Bovyn. Par exemple, une entreprise qui analyse les images de vidéosurveillance peut prévenir les vols mais pourrait également prêter main forte aux magasins pour mieux comprendre les besoins de clients dans les boutiques.

VC international

Yaday c’est également une activité de conseil stratégique permettant aux entreprises de faciliter leurs développements mais aussi son club deal de 300 membres, dont font partie des business angels, des family offices et des co-investisseurs. La structure opère en Europe, où Pauline Bovyn est basée, aux États-Unis, où s’est installé Romain Afflelou ainsi qu’au Moyen-Orient d’où Valentin Bar-Cohen, head of investment, opère. De quoi bâtir des ponts, faire se rencontrer des entreprises et des investisseurs de part et d’autre des continents et avoir accès à des deals de différents calibres. "Nous sommes au tout début d’une grande révolution technologique, estime Pauline Bovyn. Le contexte a évolué ces dernières années mais nous nous inscrivons sur un temps long, nous prenons de la hauteur vis-à-vis des cycles. C’est aussi le moment pour saisir des opportunités." Quelles seront-elles ?

Olivia Vignaud